<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" ><generator uri="https://jekyllrb.com/" version="4.3.4">Jekyll</generator><link href="/feed.xml" rel="self" type="application/atom+xml" /><link href="/" rel="alternate" type="text/html" /><updated>2026-04-11T18:03:49+00:00</updated><id>/feed.xml</id><entry><title type="html">[Historique] Faiseuses du Web 4 - Et si on faisait des trucs ? (2025)</title><link href="/2025/05/27/historique-faiseuses-du-web-4-et-si-on-faisait-des-trucs-2025.html" rel="alternate" type="text/html" title="[Historique] Faiseuses du Web 4 - Et si on faisait des trucs ? (2025)" /><published>2025-05-27T00:00:00+00:00</published><updated>2025-05-27T00:00:00+00:00</updated><id>/2025/05/27/%5Bhistorique%5D%20faiseuses%20du%20web%204%20-%20et%20si%20on%20faisait%20des%20trucs%20-%20-2025-</id><content type="html" xml:base="/2025/05/27/historique-faiseuses-du-web-4-et-si-on-faisait-des-trucs-2025.html"><![CDATA[<p>Voici venu le temps, des rires et des chants, et puis surtout de vous raconter la dernière édition de Faiseuses du Web !</p>

<p>Nous nous sommes retrouvé·es les 11 et 12 avril 2025, toujours à Dinan (22), avec un temps superbe ☀️</p>

<p><img src="/images/DSC_0211.jpg" alt="Des sets de cartes déployés sur une table" /></p>

<p>Après avoir partagé le cadre, fait connaissance grâce à quelques icebreakers (si vous cherchez des idées, vous retrouverez plusieurs listes sur <a href="https://app.flus.fr/collections/1823040896389403580">cette collection de liens</a>), et détaillé comment se déroulait un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thodologie_Forum_Ouvert">Forum Ouvert</a>, nous nous sommes lancés dans les discussions.</p>

<p>Voici une liste non exhaustive des échanges qui ont eu lieu :</p>
<ul>
  <li>Sociabilité neuro atypique.</li>
  <li>Notre rapport aux actualités</li>
  <li>Lutter contre les gafam dans les assos.</li>
  <li>Toki pona.</li>
  <li>Municipales 2026 - participatif.</li>
  <li>Un genre de discussion, discuter de genre.</li>
  <li>No-code, low-code génération</li>
  <li>Qu’est-ce qui vous rend joyeux·ses.</li>
  <li>La différence entre l’altruisme et la bienveillance sur internet.</li>
  <li>Ce que j’ai compris du syndicat solidaires info pendant son congrès (Démocratie interne et antifascisme)</li>
  <li>Kata: exercices à faire ensemble.</li>
  <li>Lire - Notre rapport au livre.</li>
  <li>Auto hébergement - Yunohost</li>
  <li>Comment on fait un potager.</li>
  <li>Gestion des conflits.</li>
  <li>Choix de licences logicielles</li>
  <li>Solidarité financière, légitimité à recevoir de l’argent.</li>
  <li>Les bases de CSS.</li>
  <li>Code de conduite.</li>
</ul>

<p><img src="/images/1000014317.jpg" alt="Tableau recouvert de post-it listant les sujets de discussion" /></p>

<p><img src="/images/1000014353.jpg" alt="" /></p>

<p><img src="/images/IMG_20250412_112815.jpg" alt="5 personnes assises en cercle et discutant" /></p>

<p>Le repas du midi était pris ensemble, dans le centre ville. Un point d’amélioration pour la prochaine fois, comment diminuer ce temps (nous avons pris à chaque fois 3h de pause-repas, et donc fait sauter un créneau de forum ouvert).</p>

<p><img src="/images/1000014639.jpg" alt="Façade d'une crêperie nommée le &quot;Be New&quot;" /></p>

<p>Cette année, le thème était “Et si on faisait des trucs”. Aussi, un temps dédié à “Faire” était organisé à la fin de la seconde journée. Chacun·e pouvait partager ce dont iel avait envie. Et nous avons eu le droit à des choses variées, entre lecture, loisirs créatifs et musique :</p>

<ul>
  <li>Transformer un trou en pas trou</li>
  <li>Apprendre le crochet</li>
  <li>Broderie</li>
  <li>Groove box</li>
  <li>Rechercher/Lire des articles scientifiques sur la participation citoyenne</li>
  <li><a href="https://metacartes.net/qrcartes/?PagePrincipale">Générateur de cartes</a></li>
  <li><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Steel_tongue_drum">Tongue drum</a></li>
  <li>Aquarelle</li>
</ul>

<p><img src="/images/1000014448.jpg" alt="Rouge-gorge brodé sur une veste en jean" />
Broderie faite main… avant la conférence</p>

<p><img src="/images/1000014622.jpg" alt="Tongue drum" /></p>

<p><img src="/images/1000014623.jpg" alt="Groove box" /></p>

<p><img src="/images/1000014626.jpg" alt="Aquarelle" /></p>

<p><img src="/images/1000014627.jpg" alt="Table pleine de loisirs créatifs : Feuilles et feutres, fils colorés de crochet, aquarelle" /></p>

<p><img src="/images/1000014630.jpg" alt="Fils de crochet" /></p>

<p>Et enfin, le ménage ensemble (car à Faiseuses du Web on partage le temps de ménage… qui du coup est très court !)</p>

<p><img src="/images/IMG_20250412_112716.jpg" alt="Post-it sur lesquels il est inscrit : Fermer les fenêtres, Ranger les chaises + tables, Balayer le sol, Fermer la porte, Vider les poubelles" /></p>

<p>Les discussions se sont pour certain·es prolongées en soirée, pour d’autres le dimanche…</p>

<p>Un grand merci à toustes les participant·es de leurs précieuses contributions à ces 2 jours 🤗</p>

<p>On remet ça l’année prochaine, avec crêpes et beau temps 🥞 😎</p>

<p><img src="/images/IMG_20250412_154845.jpg" alt="Quelques cartes de jeux différents sur lesquels il est écrit : Sobriété, Animaux de la ferme, Comment Leila peut se protéger, Solidaires - Contre le système d'exploitation capitaliste" /></p>]]></content><author><name></name></author><summary type="html"><![CDATA[Voici venu le temps, des rires et des chants, et puis surtout de vous raconter la dernière édition de Faiseuses du Web !]]></summary></entry><entry><title type="html">[Traces] Avancer vers un numérique désirable</title><link href="/2025/02/12/traces-avancer-vers-un-numerique-desirable.html" rel="alternate" type="text/html" title="[Traces] Avancer vers un numérique désirable" /><published>2025-02-12T00:00:00+00:00</published><updated>2025-02-12T00:00:00+00:00</updated><id>/2025/02/12/%5Btraces%5D%20avancer%20vers%20un%20numerique%20desirable</id><content type="html" xml:base="/2025/02/12/traces-avancer-vers-un-numerique-desirable.html"><![CDATA[<h1 id="transcription-atelier-faiseuses-du-web">Transcription atelier Faiseuses du Web</h1>

<h2 id="détails-de-la-session">Détails de la session</h2>

<h3 id="instructions">Instructions</h3>

<ol>
  <li>Listez les éléments de ce qui serait pour vous un numérique désirable (I)</li>
  <li>Mettez en commun vos envies en les rassemblant par thème</li>
  <li>Listez les solutions ou ressources qui existent et qui permettent d’avancer vers ce numérique désirable (S)</li>
  <li>Mettez en commun pour avoir à la fois la liste des envies et les ressources pour avancer vers ce numérique désirable</li>
</ol>

<h3 id="code-de-lecture-">Code de lecture :</h3>

<ul>
  <li>lignes précedées d’un (I) : post-it jaune, idée, idéal ;</li>
  <li>lignes précédées d’un (S) : post-it vert, solution (existante), ressources ;</li>
  <li>lignes contenant (???) : j’ai pas réussi à lire le post-it 😢.</li>
</ul>

<h2 id="la-liste">La liste</h2>
<h3 id="lhumain-avant-le-numérique">L’Humain avant le Numérique</h3>

<ul>
  <li>(I) Mise en commun des savoirs</li>
  <li>(S) <a href="https://flus.fr">Flus</a> : veille collectivez ou individuelle + partage</li>
  <li>(I) <strong>Partages</strong> de connaissances, <strong>rencontres</strong> de personnes éloignées physiquement</li>
  <li>(S) <a href="https://joinmastodon.org/">Mastodon</a></li>
  <li>(S) <a href="https://bonfirenetworks.org/">Bonfire</a> : Mastodon en mieux, plus de contrôle, encore en développement</li>
  <li>(I) Interroger les utilisateur·ices de services administratifs en ligne pour identifier les difficultés et améliorer les services</li>
  <li>(I) Améliorer le monde numérique : simplifications des démarches administratives souvent annoncées, bien souvent pas de simplification réelle (????)</li>
  <li>(S) Certification <a href="https://www.opquast.com">Opquast</a></li>
  <li>(I) Plus de rencontres, de partages, d’échanges sur le numérique (plus de <a href="https://faiseusesduweb.eu.org/">Faiseuses du Web</a>)</li>
  <li>(I) Réhumaniser et dénumériser le services public</li>
  <li>(I) Prioriser les personnes les moins privilégiées lorsqu’on crée une solution numérique (Est-ce qu’elle peuvent y accéder ? Vont-elles s’en servir ?)</li>
  <li>(I) Créer des services numériques simples à utiliser, à exécuter (ressources consommées), à maintenir</li>
  <li>(I) Simplifier les sites internet (surtout ceux qui sont indispensables)</li>
  <li>(I) Que les <strong>sites</strong> des <strong>administrations</strong> soient <strong>plus simples</strong>, nom de nom !</li>
  <li>(I) Avoir des standards de navigation sur les sites web pour trouver les fonctionnalités principales toujours de la même manière</li>
  <li>(S) <a href="https://www.mozilla.org/fr/">Mozilla</a></li>
  <li>(I) Avoir une gouvernance partagées sur les outils numériques très utilisés</li>
  <li>(I) Un outil / produit touchant plus de X% de la population doit être sous contrôle de la population (lois, décisions…)</li>
  <li>(I) Faire des ponts entre le monde du libre et une partie des groupes qui militent via les GAFAMs</li>
  <li>(I) Autoriser / démocratiser la vente de matériel open-source dans les supermarchés…</li>
  <li>(I) Favoriser des outils émancipateurs (pour les gens et les assos)</li>
  <li>(S) <a href="https://scribouilli.org">Scribouilli</a></li>
  <li>(S) <a href="https://lacontrevoie.fr/">La Contre-Voie</a> (sensibilisation, hébergement de services, accompagnement)</li>
  <li>(S) <a href="https://dns-witch.eu.org/fr/">DNS Witch</a> (rendre accessible les noms de domaines)</li>
  <li>(S) <a href="https://ouvaton.coop/">Ouvaton.coop</a> (hébergement web / mail / listes de diffusion français)</li>
  <li>(I) Plus de petits hébergements (mais pas trop quand même) -&gt; mutualiser à la bonne échelle : moins de pouvoir / gens, émancipation (plus de pouvoir des gens), convivial</li>
  <li>(S) <a href="https://yunohost.org/#/index_fr">Yunohost</a> (pour vous / en petit collectifs)</li>
  <li>(I) Faciliter la création de <a href="https://www.chatons.org/">CHATONS</a> (tm)</li>
  <li>(I) Redonner sa vraie place au numérique : c’est juste un outils</li>
  <li>(S) <a href="https://podcasts.lemonde.fr/chaleur-humaine">Podcast « chaleur humaine » (le monde)</a> sur le climat et problèmes écologique avec chercheureuses</li>
  <li>(S) On organise un <a href="https://pretalx.jdll.org/jdll2024/talk/RCFQ3T/">forum ouvert le samedi (25 mai) aux JDLL (Lyon)</a> sur « Pourquoi accompagne-t-on au numérique libre ? »</li>
  <li>(S) <a href="https://framasoft.org/">Framasoft</a></li>
  <li>(I) Améliorer le monde… Numérique en tant que fédérateur. Créer, faciliter le lien.</li>
  <li>(S) <a href="https://www.ritimo.org">Ritimo</a> : Réseau d’acteurs solidaires qui ont une démarche vraiment top sur le numérique</li>
  <li>(S) <a href="https://accolades.coop/">Accolades.coop</a> : expertise numérique responsable</li>
  <li>(I) Numérique en tant qu’outil pour les contacts humains et non pas le seul lient de contacts</li>
  <li>(S) L’établi numérique</li>
  <li>(S) <a href="https://wiquaya.org/">Wiquaya</a></li>
  <li>(I) Remettre de l’humain dans le numérique : pouvoir joindre et discuter avec les opérateurices de services, avoir des services créés pour des personnes</li>
  <li>(I) Non au tout numérique ! Place de l’humain</li>
  <li>(I) Pour tout ce qui concerne les services publics toujours sauvegarder une procédure numérique-free</li>
  <li>(I) Avoir une alternative au numérique (par exemple papier ou humain)</li>
  <li>(I) Toujours permettre une alternative « humaine »</li>
  <li>(I) Pas une solution par défaut</li>
  <li>(I) Arrêter de chercher des solutions numériques pour des problèmes qui se résolvent autrement (par exemple pour la loi)</li>
  <li>(I) Faire des interventions sans numérique (hors de ma vue les présentations inutiles)</li>
  <li>(I) Dénumériser des trucs</li>
  <li>(I) Prioriser le progrès <strong>social</strong>, pas le progrès technique</li>
  <li>(I) Casser la « magie » de l’informatique</li>
  <li>(I) Informer et sensibiliser sur la « matérialité du numérique »</li>
  <li>(I) Rendre autonomes les personnes sur les outils numériques qu’iels utilisent</li>
  <li>(S) Démocratisation des outils de collaborations en ligne qui permettent à des personnes isolées de développer des réseaux, cultiver des liens sociaux, (???)</li>
  <li>(I) Développer un service public d’assistance numérique avec des agents qui se déplacent « à domicile »</li>
  <li>(S) Ateliers d’accompagnement autres que sur l’accomagnement sur des sites</li>
  <li>(S) Accompagnement à la prise en main d’outils via des pratiques associatives, organisation de formations</li>
  <li>(I) Enseigner le numérique à l’école : ça sert à quoi ?  comment ça marche ? les dangers…</li>
  <li>(I) Éducation (toutes générations) pour que le numérique soit acceessible <strong>correctement</strong> à tous : point de vue compétence / compréhension (plus que le côté matériel et technique souvent abordé)</li>
  <li>(S) Collectif « <a href="https://nosservicespublics.fr/">nos services publics</a> »</li>
  <li>(S) NIG 2.0 : charte pour un <a href="https://www.numeriqueinteretgeneral.org/">Numérique d’Interêt Général</a></li>
  <li>(I) Briser l’élitisme (dichotomie faiseureuses / utilisateurices)</li>
  <li>(I) Des services numériques accessibles, utilisables pour et par tout le monde</li>
  <li>(I) Rendre <strong>réellement</strong> obligatoire l’accessibilité (à 100%)</li>
  <li>(I) Arrêter de repousser les dates de mises en application des lois sur l’accessibilité</li>
  <li>(S) <a href="https://access42.net/">Access42</a> (accessibilité Web)</li>
  <li>(S) <a href="https://www.lalutineduweb.fr/">La Lutine du Web</a> (Julie Moynat) Experte Accessibilité qui fait beaucoup de pédagogie</li>
  <li>(S) <a href="https://www.temesis.com/">Temesis</a> (Formation Accessibilité)</li>
  <li>(I) Des financement durables pour un numérique qu’on a envie</li>
  <li>(I) Démocratiser les ligiciels libres</li>
  <li>(I) Financer publiquement le libre (…mieux)</li>
  <li>(I) Financer l’open source</li>
  <li>(S) <a href="https://opencollective.com/">Open Collective</a>, <a href="http://liberapay.com">Liberapay</a>, <a href="https://nlnetlabs.nl/">NLnet Labs</a>, <a href="https://publiccode.eu/fr/">Pulic Money, Public Code</a></li>
  <li>(S) <a href="https://copiepublique.fr/">Copie publique</a></li>
</ul>

<h3 id="sobriété">Sobriété</h3>

<ul>
  <li>(I) Faire des outils qui fonctionnent hors lignes</li>
  <li>(I) 1 heure / jour max sur le smartphone</li>
  <li>(I) Réguler les usages</li>
  <li>(I) Jeûne / seuvrage numérique</li>
  <li>(S) Télécharger pour lire / voir / écouter hors ligne (<a href="https://newpipe.net/">Newpipe</a>, Epub, Flux RSS, <a href="https://antennapod.org/fr/">AntennaPod</a>)</li>
  <li>(I) Concevoir / développer pour et sur des patates #PotatoComputer</li>
  <li>(S) Permacomputing</li>
  <li>(I) Aller vers plus de low-tech</li>
  <li>(I) Plus de sobriété (partout !)</li>
  <li>(I) Ne pas décommissionner la 2G/3G</li>
  <li>(I) Valoriser les low-tech ou seconde main reconditionnné</li>
  <li>(I) Plain d’objets <em>pas</em> connectés</li>
  <li>(S) Demander au gens, pas au LLM. Mastodon, <a href="https://matrix.org/">Matrix</a>, IRC…</li>
  <li>(S) Les cartes et les plans</li>
  <li>(I) Monter une réseau de personnes aidantes identifiables via un badge, un sticker sur une vitrine de commerce pour demander soon chemin dans les villes</li>
  <li>(I) Élaborer un système de marquagge au sol, pancartes dans les villes pour se passer de maps avec un plus de ça qui (???) des temps de trajet, accessibilité</li>
  <li>(S) <a href="https://organicmaps.app/fr/">Organic Maps</a> (plus simple) / <a href="https://osmand.net/">OsmAnd</a> (plus couteau-suisse)</li>
  <li>(S) <a href="https://www.repaircafe.org/fr/">Repair Cafés</a></li>
  <li>(I) Acceuillir les changements</li>
  <li>(I) Faire moins mais mieux</li>
  <li>(I) Supprimer des fonctionnalités</li>
  <li>(I) Éco-concevoir (arrêter de développer des services et des sites inutiles)</li>
  <li>(I) Quantifier (mesurer)</li>
  <li>(I) Planifier</li>
  <li>(I) Courage</li>
  <li>(I) Taxer les polueurs</li>
  <li>(I) Obliger la fabrication de matériel réparable</li>
  <li>(I) Faire <strong>durer</strong> nos machines</li>
  <li>(I) Du matériel (termineux, infrastructures) quii dure plus longtemps : stopper l’obsolescence</li>
  <li>(I) Institutionnaliser le don d’objets « tech » (téléphone, etc.)</li>
  <li>(I) Éduquer à réparer les appareils électroniques à l’école</li>
  <li>(S) <a href="https://pine64.org/">Pine64</a></li>
  <li>(S) <a href="https://www.fairphone.com/fr">Fairphone</a></li>
  <li>(S) <a href="https://frame.work">Framework computer</a></li>
  <li>(S) <a href="https://www.defis.info/">Association Defis</a> (56) : inclusion, reconditionnement</li>
  <li>(S) <a href="https://www.larecyclerie.com/">La recyclerie</a>, Paris</li>
  <li>(S) <a href="https://larebooterie.fr/">La Rebooterie</a>, Toulouse</li>
  <li>(S) <a href="https://secondenature-larecyclerie.fr/">Seconde Nature - La Recyclerie</a>, Etables-sur-mer (22)</li>
</ul>

<h3 id="capitalisme-de-surveillance">Capitalisme (de surveillance)</h3>

<ul>
  <li>(I) Utiliser le numérique (les technologies) pour faciliter et réduire le travail</li>
  <li>(I) Sortir du salariat subordonné</li>
  <li>(S) <a href="https://onseleveetonsecasse.fr/">On se lève et on se casse.fr</a></li>
  <li>(I) Faire des semaines de quatre jours</li>
  <li>(I) Que l’oisiveté soit un droit pour toustes</li>
  <li>(I) Automatiser le travail ET partager les profits</li>
  <li>(I) Socialisation des moyen de production (AKA abattre le capitalisime)</li>
  <li>(I) Sortir du capitalisme</li>
  <li>(I) Revenu de base inconditionnel à vie</li>
  <li>(I) Travaux d’intérêt général pour touste</li>
  <li>(I) Intégrer les coûts sociaux et environnementaux dans les « prix »</li>
  <li>(I) Interdir la publicité</li>
  <li>(I) Que la pub disparaisse</li>
  <li>(I) Stop aux algo de suivi, pistage, stigmatisation</li>
  <li>(I) Interdire le tracking</li>
  <li>(S) <a href="https://ublockorigin.com/fr">uBlock Origin</a></li>
  <li>(S) uMatrix (<a href="https://addons.mozilla.org/fr/firefox/addon/umatrix/">pour Firefox</a>, <a href="https://chromewebstore.google.com/detail/umatrix/ogfcmafjalglgifnmanfmnieipoejdcf">pour Chrome</a>) (uBlock en mode avancé = plus difficile au début mais pédagogique)</li>
  <li>(S) <a href="https://consentomatic.au.dk/">Consent-O-Matic</a> ou I Still Don’t Care About Cookies (<a href="https://addons.mozilla.org/fr/firefox/addon/istilldontcareaboutcookies/">pour Firefox</a>, <a href="https://chromewebstore.google.com/detail/i-still-dont-care-about-c/edibdbjcniadpccecjdfdjjppcpchdlm">pour Chrome</a>) pour refuser les cookies et cacher les bandeaux de cookies</li>
  <li>(I) Non au web marchand</li>
  <li>(S) Collectif Résistance à l’Agression Publicitaire</li>
  <li>(I) Séparer les GAFAM en plein de coops auto-gérées</li>
  <li>(I) Pluss de coops dans la tech (et pluss d’intélliigence collective)</li>
  <li>(S) <a href="https://www.xn--codeursenlibert-pnb.fr/">Codeur·ses en liberté</a></li>
  <li>(I) Réguler les plateformes capitalistes</li>
  <li>(I) Améliorer les réseaux sociaux</li>
  <li>(S) <a href="https://designersethiques.org/thematique-design-systemique/matrice-analyse-externalites/decouvrir-la-matrice">Matrice designers éthiques</a></li>
  <li>(S) <a href="https://echap.eu.org/">Echap</a> (sur les cyberviolence de genre)</li>
  <li>(S) Ateliers d’autodéfense numérique dans un cadre syndical (Nantes - CGT + Solidaires)</li>
  <li>(I) Interdir la surveillance des journalistes</li>
  <li>(S) <a href="https://tails.net/index.fr.html">Tails</a></li>
  <li>(S) <a href="https://www.eff.org/">Electronic Frontier Foundation (EFF)</a></li>
  <li>(S) <a href="https://www.laquadrature.net/">La Quadrature du Net</a></li>
  <li>(S) <a href="https://nos-oignons.net/">Nos Oignons</a> (tenue de relais + noeuds de sortie Tor)</li>
  <li>(S) <a href="https://www.torproject.org/download/">Tor Browser</a></li>
  <li>(S) <a href="https://freedom.press/">Freedom of the Press Foundation</a></li>
  <li>(S) <a href="https://nothing2hide.org/fr/">Nothing 2 Hide</a></li>
  <li>(I) Interdir les médias d’extrême droite</li>
  <li>(I) Que les médias mainstream aient une ligne éditoriale antifascite</li>
  <li>(S) <a href="https://www.acrimed.org/">Acrimed</a></li>
  <li>(S) <a href="https://fondspresselibre.org/">Fonds pour une presse libre</a></li>
  <li>(S) <a href="https://lesjours.fr/">Les Jours</a> (média indé)</li>
  <li>(S) <a href="https://www.arretsurimages.net/">Arrêts sur images</a> (média indé)</li>
  <li>(S) Les articles « économie » de <a href="https://www.mediapart.fr">Médiapart</a> : <a href="https://www.mediapart.fr/biographie/romaric-godin">Romaric Godin</a> (analyse du capitalisme)</li>
  <li>(S) <a href="https://www.blast-info.fr/">Blast</a> et l’<a href="https://www.blast-info.fr/emissions/rhinoceros-WYS_ChmcSJW9n6EmW53XXA">émission Rhinocéros</a> (média indé)</li>
  <li>(S) Les <a href="https://www.editionsdivergences.com/">éditions Divergence</a> : livres technocritiques de chercheureuses, journalistes, iels ouvrent une librairie à Quimperlé</li>
  <li>(S) L’extrême droite pour les nuls</li>
  <li>(S) Vincent Edin, <a href="https://editionsatelier.com/boutique/accueil/378-en-finir-avec-les-idees-fausses-sur-l-extreme-droite--9782708254213.html">En finir avec les fausses idées propagées par l’extrême droite</a> [Note de l’éditeurice : titre corrigé à la transcription]</li>
</ul>

<h3 id="collectifs-et-gestion-de-conflits">Collectifs et gestion de conflits</h3>

<ul>
  <li>(I) <strong>Diminuer le stress</strong> lié à la maintenance d’outils libres</li>
  <li>(I) Gestion des émotions</li>
  <li>(I) Apprendre l’empathie dès le primaire aux enfants</li>
  <li>(S) Activisme de l’intérieur (personel enseignant) et de l’extérieur par des collectifs militants pour influencer les contenus pédagogique</li>
  <li>(I) Former le plus de personnes à la Communication Non Violente (CNV)</li>
  <li>(S) Ateliers CNV</li>
  <li>(I) Qu’être soigeux·ses avec les autres soit plus important qu’être efficace</li>
  <li>(S) Le <a href="https://www.collectif-fracas.com/">collectif Fracas</a> propose de l’aide à la gestion de conflits pour associations</li>
  <li>(S) CDGAI, livre « <a href="https://www.cdgai.be/publications/gestion-des-conflits/">Gestiion de conflits</a> »</li>
  <li>(I) Prendre soin des utilisateurices et opérateurices de serivces numériques</li>
  <li>(I) Aider les coommunautés à <strong>dépasser les blocages</strong> humains</li>
  <li>(I) Que les gars qui font les confs tout le temps fassent plutôt du mentorat ou fassent le café</li>
  <li>(I) Apprendre à coopérer / prendre soin</li>
</ul>

<h3 id="gouvernance-et-prise-en-comptes-des-utilisateurices-loutil-les-sert">Gouvernance et prise en comptes des utilisateurices (l’outil les sert)</h3>

<ul>
  <li>(I) Utiliser le numérique pour joindre et garder contact</li>
  <li>(I) Comment décider ensemble ?</li>
  <li>(I) Démocratie participative / décision collectives <strong>sur</strong> le numérique</li>
  <li>(I) Faire du numérique autour de soi (1 faiseureuse embarque ses potes et les accompagne) : jouer sur l’affinitaire plutôt que le rationnel individuel</li>
  <li>(I) Répondre <strong>réellement</strong> aux besoins des utilisateurices finales</li>
  <li>(I) Faire connaître des outils et méthodes adaptées aux besoins : gagner en confort et / ou en praticité</li>
  <li>(S) Le <a href="https://entraide.chatons.org/">portail des CHATONS</a> et <a href="https://framalibre.org">Framalibre</a></li>
  <li>(I) Pluss d’UX et de design dans le libre (répondre aux « vrais » besoins)</li>
  <li>(S) <a href="https://mastodon.xyz/@design_libre">Design &amp; Libre (compte Mastodon)</a></li>
  <li>(I) Comment faire avec des niveaux d’aisance très différents ? Comment embarquer les personnes ?  Faire sans numérique ? (arg…)</li>
  <li>(I) Donner pluss dde contrôle (#consentement) : les outils, l’exposition, les échanges</li>
  <li>(S) Rejoindre un syndicat</li>
  <li>(S) Rejoindre un parti</li>
  <li>(S) <a href="https://firstdonoharm.dev/">The Hippocratic License</a></li>
  <li>(S) « I’m so tired » License</li>
  <li>(S) P2P License</li>
</ul>]]></content><author><name></name></author><summary type="html"><![CDATA[Transcription atelier Faiseuses du Web]]></summary></entry><entry><title type="html">[Traces] Forum ouvert de 2023</title><link href="/2025/02/12/traces-forum-ouvert-de-2023.html" rel="alternate" type="text/html" title="[Traces] Forum ouvert de 2023" /><published>2025-02-12T00:00:00+00:00</published><updated>2025-02-12T00:00:00+00:00</updated><id>/2025/02/12/%5Btraces%5D%20forum%20ouvert%20de%202023</id><content type="html" xml:base="/2025/02/12/traces-forum-ouvert-de-2023.html"><![CDATA[<p>Photo de l’affiche du Forum Ouvert d’un après-midi de 2023.</p>

<p><img src="/images/4096-3065-max.jpg" alt="Tableau à 2 entrées avec les noms des salles, les horaires, et les thèmes des discussions" /></p>

<p>Liste des discussions :</p>
<ul>
  <li>Retour d’expérience sur la coopérative et l’organisation horizontale / Formes de coopératives (SCIC, SCOP, etc)</li>
  <li>Du virtuel au réel, les contacts humains</li>
  <li>Convaincre de nos idées anti-capitalistes</li>
  <li>Crêpes</li>
  <li>Manger (à emporter) dans un jardin public</li>
  <li>Poser des questions/ s’autoriser à ne pas savoir</li>
  <li>Comment êtes vous arrivé·es là ?</li>
  <li>Temps libre</li>
  <li>Tester le set de cartes “Travail Sensé”</li>
  <li>Comment concilier outils libres et n’être pas très douée avec le numérique ?</li>
  <li>Help, j’ai un problème / Fonctionnement collectif / Soin / Non-écoute / Je sais pas quoi faire !</li>
  <li>Sortir du salariat subordonné (comment ?)</li>
  <li>Quels outils pour des décisions collectives ?</li>
  <li>Offrir son temps / Bénévolat, entraide, partage</li>
  <li>Comment on organise nos vies pour réduire notre utilisation numérique personnelle ?</li>
  <li>Arpentage critique du rapport “enfants et écrans”</li>
  <li>Penpot</li>
  <li>Papote informelle</li>
  <li>Atelier exploration de la boite à livres</li>
  <li>CHATONS Simulator 2024</li>
  <li>Yunohost, Découvrir l’auto-hébergement</li>
  <li>Comment vit-on dans une société productiviste en travaillant peu ? (travail subordonné)</li>
  <li>Atelier/Jeu Git</li>
  <li>La réforme du “Choc des savoirs” (et globalement les attaques contre l’éduc nat’</li>
  <li>Présentation démo / Feedback TDD, TCR, TCRDD WIP</li>
</ul>]]></content><author><name></name></author><summary type="html"><![CDATA[Photo de l’affiche du Forum Ouvert d’un après-midi de 2023.]]></summary></entry><entry><title type="html">[Traces] Recommandation de podcasts</title><link href="/2025/02/12/traces-recommandation-de-podcasts.html" rel="alternate" type="text/html" title="[Traces] Recommandation de podcasts" /><published>2025-02-12T00:00:00+00:00</published><updated>2025-02-12T00:00:00+00:00</updated><id>/2025/02/12/%5Btraces%5D%20recommandation%20de%20podcasts</id><content type="html" xml:base="/2025/02/12/traces-recommandation-de-podcasts.html"><![CDATA[<ul>
  <li><a href="https://parolesdepaysans.wixsite.com/parolesdepaysans/gaiardes">Gaïardes</a> : Agriculture et féminisme (sens large)</li>
  <li><a href="https://shows.acast.com/soluce">Soluce</a> : Jeux vidéos et société/politique (féminisme, accessibilité)</li>
  <li><a href="https://podcloud.fr/podcast/fin-du-game">Fin du game</a> : Histoire de la création/conception (socio, éco…) de jeux vidéos, et leur rôle historique</li>
  <li><a href="https://shows.acast.com/en-sci-bons-termes">En Sci bons termes</a> : Interview de vulgarisateurices scientifiques -&gt; Comment en faire ? Pourquoi ?</li>
  <li><a href="https://www.rts.ch/podcasts-originaux/programmes/dingue/podcast/">Dingue</a> (RTS) : Psy, santé mentale</li>
  <li><a href="https://www.arteradio.com/emission/un_podcast_soi/1092">Un podcast à soi</a> : série sur les <strong>femmes violentes</strong> on aime le montage, l’altenrance avec des lectures qui font respirer &lt;3 &lt;3 &lt;3</li>
  <li><a href="https://www.binge.audio/podcast/les-couilles-sur-la-table">Les couilles sur la table</a> - Nous faire justice : prend le contrepied sur les masculinités, pratique pour sensibiliser des personnes pas militantes</li>
  <li><a href="https://www.binge.audio/podcast/le-coeur-sur-la-table/cest-quoi-lamour-maitresse-par-lolita-rive">Le coeur sur la table - C’est quoi l’amour, maîtresse ?</a></li>
  <li>Les pieds sur Terre - Adila Bennedjaï-Zou :
    <ul>
      <li><a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-mes-annees-boum-une-enquete-algerienne">Mes années Boum</a>,</li>
      <li><a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-pma-hors-la-loi">PMA hors la loi</a>,</li>
      <li><a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-ex-ologie-une-vie-de-celibataire">Ex-ologie</a></li>
    </ul>
  </li>
  <li><a href="https://metadechoc.fr/">Méta de choc</a> :
    <ul>
      <li><a href="https://metadechoc.fr/podcast/une-vie-en-anthroposophie/">Une vie en anthroposophie</a>,</li>
      <li>celui sur <a href="https://metadechoc.fr/podcast/que-vaut-la-psychanalyse/">la psychanalyse</a>,</li>
      <li>celui sur <a href="https://metadechoc.fr/podcast/complotisme-si-loin-si-proche/">le complotisme</a> avec Marie Peltier,</li>
      <li>série sur <a href="https://metadechoc.fr/podcast/la-transidentite-au-dela-des-apparences/">la transidentité</a></li>
    </ul>
  </li>
  <li><a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/mecaniques-du-journalisme">Mécaniques du journalisme</a> : L’envers du décor d’affaires (Benalla, etc…)</li>
  <li><a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/mecaniques-des-epidemies">Mécaniques des épidémies</a> : Tout savoir sur la peste et le choléra</li>
  <li><a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/mecaniques-du-vivant?search=batisseurs">Mécanique du vivant</a> : sur l’écologie du vivant - ingénieurs et batisseurs</li>
  <li><a href="https://www.rts.ch/info/suisse/13169030-au-terrible-temps-des-sorcieres.html">Aux terribles temps des sorcières</a> (RTS)</li>
  <li><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/face-a-l-histoire?search=simone">Face à l’histoire</a> :
    <ul>
      <li><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/cleopatre-le-genie-politique/dans-l-ombre-d-alexandre-ep1-6389080">Cléopâtre, le génie politique,</a></li>
      <li><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/serie-simone-de-beauvoir-itineraire-d-une-jeune-fille-rangee">Simone de Beauvoir</a>,</li>
      <li><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/serie-leon-blum-une-vie-heroique">Léon Blum</a>,</li>
      <li><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/serie-le-fantome-de-philippe-petain">Philippe Pétain</a>,</li>
      <li><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/serie-louis-ferdinand-celine-le-voyage-sans-retour">Céline</a>,</li>
      <li><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/face-a-l-histoire/1-er-episode-1923-le-putsch-de-la-brasserie-6024595">Les résistantes</a></li>
    </ul>
  </li>
  <li><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/geopolitique">Géopolitique</a> (France Inter) : 3 min/jour sur la géopolitique</li>
  <li><a href="https://louiemedia.com/injustices-2/ou-peut-etre-une-nuit">Ou peut-être une nuit</a> : CW Inceste</li>
  <li><a href="https://laclameur.org/la-couleur-de-lart/">Les couleurs de l’art</a> : Parle de la race dans l’art</li>
  <li><a href="https://laclameur.org/sabotage/">Sabotage</a> : Des outils pour décrypter l’extrême-droite</li>
  <li><a href="https://shows.acast.com/kiffetarace">Kiffe ta race</a> : Conversation sur des vécus pour explorer les questions raciales</li>
  <li><a href="https://www.venuslepodcast.com/">Vénus s’épilait-elle la chatte</a> : Déconstruire l’histoire de l’art d’un point de vue féministe et inclusif</li>
  <li><a href="https://www.souffrance-et-travail.com/magazine/dossiers/stress-travail-et-sante/penser-le-travail-podcast-zero-virgule/">Penser le travail</a> : Réflexions et discussions autour du travail et du soin</li>
</ul>

<p>Et la petite photo pour finir
<img src="/images/DSC01753_crop_contrast_Podcast.JPG" alt="" /></p>]]></content><author><name></name></author><summary type="html"><![CDATA[Gaïardes : Agriculture et féminisme (sens large) Soluce : Jeux vidéos et société/politique (féminisme, accessibilité) Fin du game : Histoire de la création/conception (socio, éco…) de jeux vidéos, et leur rôle historique En Sci bons termes : Interview de vulgarisateurices scientifiques -&gt; Comment en faire ? Pourquoi ? Dingue (RTS) : Psy, santé mentale Un podcast à soi : série sur les femmes violentes on aime le montage, l’altenrance avec des lectures qui font respirer &lt;3 &lt;3 &lt;3 Les couilles sur la table - Nous faire justice : prend le contrepied sur les masculinités, pratique pour sensibiliser des personnes pas militantes Le coeur sur la table - C’est quoi l’amour, maîtresse ? Les pieds sur Terre - Adila Bennedjaï-Zou : Mes années Boum, PMA hors la loi, Ex-ologie Méta de choc : Une vie en anthroposophie, celui sur la psychanalyse, celui sur le complotisme avec Marie Peltier, série sur la transidentité Mécaniques du journalisme : L’envers du décor d’affaires (Benalla, etc…) Mécaniques des épidémies : Tout savoir sur la peste et le choléra Mécanique du vivant : sur l’écologie du vivant - ingénieurs et batisseurs Aux terribles temps des sorcières (RTS) Face à l’histoire : Cléopâtre, le génie politique, Simone de Beauvoir, Léon Blum, Philippe Pétain, Céline, Les résistantes Géopolitique (France Inter) : 3 min/jour sur la géopolitique Ou peut-être une nuit : CW Inceste Les couleurs de l’art : Parle de la race dans l’art Sabotage : Des outils pour décrypter l’extrême-droite Kiffe ta race : Conversation sur des vécus pour explorer les questions raciales Vénus s’épilait-elle la chatte : Déconstruire l’histoire de l’art d’un point de vue féministe et inclusif Penser le travail : Réflexions et discussions autour du travail et du soin]]></summary></entry><entry><title type="html">[Historique] Programme de l’édition n°3 en 2024 !</title><link href="/2025/01/20/historique-programme-de-l'edition-n-3-en-2024-!.html" rel="alternate" type="text/html" title="[Historique] Programme de l’édition n°3 en 2024 !" /><published>2025-01-20T00:00:00+00:00</published><updated>2025-01-20T00:00:00+00:00</updated><id>/2025/01/20/%5Bhistorique%5D%20programme%20de%20l&apos;edition%20n%C2%B03%20en%202024%20!</id><content type="html" xml:base="/2025/01/20/historique-programme-de-l&apos;edition-n-3-en-2024-!.html"><![CDATA[<p><img src="https://mobilizon.fr/media/b1e0b6d9010cfef3873ae7e4c37c50bd5e7e762dc7f539921b3fb876d918b32b.png?name=couv.png" alt="Faiseuses du Web" /></p>

<p><strong>👉 On démarre à 9h30 vendredi 3 mai ! 💜💙</strong></p>

<p>[Nouveau] 👉 <a href="https://mypads.framapad.org/mypads/?/mypads/group/confmystere-ypcfh72a/pad/view/fdw-2024-vf8ib7oc">Un pad pour s’organiser entre participant·es !</a></p>

<h2 id="cest-quoi-">C’est quoi ?</h2>

<p>2 jours de rencontres pour celleux qui ont envie de <strong>construire un monde (numérique) meilleur !</strong></p>

<h2 id="le-thème-de-lannée--reprendre-du-pouvoir-">Le thème de l’année : <strong>Reprendre du pouvoir !</strong></h2>

<p>On va essayer de faire ça en :</p>
<ul>
  <li><strong>Tissant des liens</strong> &amp; <strong>partageant nos savoirs</strong></li>
  <li><strong>Cherchant du sens</strong> &amp; <strong>trouvant comment agir</strong></li>
</ul>

<h2 id="cest-où-et-quand-">C’est où et quand ?</h2>

<p>Les <strong>3 et 4 mai 2024, <a href="https://faiseuses-du-web-maiwann-b39e3ee6f707e0427d112d9d1b3b0c497acec1.monpetitsite.org/venir%20a%20dinan.html">à Dinan</a></strong> dans les Côtes d’Armor (22), ~1h au nord de Rennes !</p>

<p>On démarre à 9h30 vendredi !</p>

<h2 id="comment-ça-se-passe-">Comment ça se passe ?</h2>

<ul>
  <li>Le matin est dédié à des temps en communs, pour avancer <strong>ensemble.</strong></li>
  <li>L’après-midi s’organise en temps thématiques, dont <strong>les sujets sont décidés le jour même par les participant·es</strong></li>
</ul>

<p>La participation est gratuite pour ne pas créer de discrimination à l’entrée. Si tu le souhaites, tu pourras faire un don.</p>

<p>👉 Il y avait même <a href="https://mypads.framapad.org/mypads/?/mypads/group/confmystere-ypcfh72a/pad/view/fdw-2024-vf8ib7oc">un pad pour s’organiser entre participant·es !</a></p>

<h2 id="ça-a-lair-chouette-comment-on-sinscrit-">Ça a l’air chouette, comment on s’inscrit ?</h2>

<p>💙💜 En passant par la <a href="https://mobilizon.fr/events/bbfe6fea-4a64-4223-afac-6975ab1221cb">page Mobilizon de l’évènement 🤗 </a> 💜💙</p>

<p>N’hésites pas à prendre connaissance du <a href="https://faiseuses-du-web-maiwann-b39e3ee6f707e0427d112d9d1b3b0c497acec1.monpetitsite.org/code%20de%20conduite.html">Code de conduite</a> au passage.</p>

<h2 id="me-tenir-au-courant">Me tenir au courant</h2>

<p><a href="https://buttondown.email/faiseusesduweb">Inscris-toi à la newsletter 💌 par ici</a> pour avoir toutes les informations directement dans ta boite mail !</p>

<h2 id="accessibilité">Accessibilité</h2>

<p>Faiseuses du Web est organisé avec de petits moyens, mais souhaite tout de même être accessible au plus grand nombre.</p>

<p>Pour cela, <strong>nous avons besoin de vous, afin de savoir quels sont les aménagements qui vous seraient utiles.</strong> La salle est <strong>adaptée aux personnes à mobilité réduite</strong> (PMR).</p>

<p>N’hésitez pas à écrire à hop@maiwann.net afin de communiquer vos besoins, et nous verrons ensemble comment rendre votre venue agréable, que se soit :</p>
<ul>
  <li>pour des questions liées à un handicap,</li>
  <li>un aménagement dont l’anticipation faciliterait votre venue,</li>
  <li>vis à vis de la venue d’un ou plusieurs enfants,</li>
  <li>ou pour d’autres raisons non citées au-dessus !</li>
</ul>

<h2 id="cagnotte">Cagnotte</h2>

<p>Si vous souhaitez venir à Faiseuses du Web et que vous avez besoin d’un coup de main d’ordre financier, une cagnotte dans laquelle vous pouvez piocher existe et est disponible.</p>

<p>Son montant est actuellement de <strong>250 €</strong></p>

<h3 id="comment-faire-pour-bénéficier-de-la-cagnotte">Comment faire pour bénéficier de la cagnotte</h3>

<p>Sur simple demande à hop@maiwann.net . Il n’y a pas de justification (de revenus ou autre) nécessaire. Nous verrons ensemble les modalités pour te faire parvenir le montant demandé.</p>

<h3 id="le-pourquoi-de-la-cagnotte">Le pourquoi de la cagnotte</h3>

<p>Les dons de l’année précédente ont permis de constituer cette cagnotte.</p>

<p>Si Faiseuses du Web est gratuite, c’est dans l’espoir d’abaisser la difficulté de participer à la conférence. Mais les frais d’hébergement et de transports peuvent être conséquents, et la cagnotte est là dans l’espoir que, plutôt que de renoncer à venir pour des raisons financières, tu puisses nous rejoindre sans être (trop) préoccupée par les coûts.</p>

<p>Si l’aspect financier reste un problème, ou que tu hésites à demander à bénéficier de la cagnotte, contacte-moi sur hop@maiwann.net ou par Mastodon pour qu’on en parle 🤗</p>]]></content><author><name></name></author><summary type="html"><![CDATA[]]></summary></entry><entry><title type="html">[Traces] Médias à suivre</title><link href="/2024/04/19/traces-medias-a-suivre.html" rel="alternate" type="text/html" title="[Traces] Médias à suivre" /><published>2024-04-19T00:00:00+00:00</published><updated>2024-04-19T00:00:00+00:00</updated><id>/2024/04/19/%5Btraces%5D%20medias%20a%20suivre</id><content type="html" xml:base="/2024/04/19/traces-medias-a-suivre.html"><![CDATA[<p>Une affichette à été installée lors de Faiseuses du Web 2 pour récolter des conseils de médias à suivre !</p>

<p>Voici la liste ainsi que la photo :</p>

<ul>
  <li><a href="https://basta.media/">basta!</a></li>
  <li><a href="https://www.blast-info.fr/">Blast</a></li>
  <li><a href="https://www.bondyblog.fr">Le Bondy Blog</a></li>
  <li><a href="https://shop.hckr.fr/">HCKR.FR</a></li>
  <li><a href="https://framablog.org/category/veille/">Khryspresso</a> sur le Framablog</li>
  <li><a href="https://lesjours.fr/">Les Jours</a></li>
  <li><a href="https://www.arretsurimages.net/">Arrêt sur Image</a></li>
  <li><a href="https://cpu.dascritch.net/">CPU Dascritch.net</a> - webradio</li>
  <li><a href="https://lareleveetlapeste.fr">La relève et la peste</a></li>
  <li><a href="https://reporterre.net/">Reporterre</a></li>
  <li><a href="https://www.mediapart.fr/">Mediapart</a></li>
  <li><a href="https://www.politis.fr">Politis</a></li>
  <li><a href="https://www.lemediatv.fr/">Le Média</a></li>
  <li><a href="https://cqfd-journal.org/">CQFD Journal</a></li>
  <li><a href="https://disclose.ngo/fr/">Disclose</a></li>
  <li><a href="https://www.streetpress.com/">StreetPress</a></li>
  <li><a href="https://www.auposte.fr/">Au Poste</a></li>
  <li><a href="https://hackstock.net/">Hackstock</a></li>
  <li><a href="https://www.numerama.com/tech/608840-il-ny-a-pas-de-femmes-sur-internet-numerama-lance-sa-newsletter-regle30.html">Règle 30</a> - infolettre</li>
  <li><a href="https://limitesnumeriques.fr/sensibiliser/newsletter">Limites numériques</a> - infolettre</li>
  <li><a href="https://affordance.framasoft.org/">Affordance.info</a></li>
  <li><a href="https://splann.org/">Splann !</a></li>
</ul>

<p>Bonne lecture 😊</p>

<p><img src="/images/f7d9e153be9c5d0f.jpg" alt="Texte décrivant l'image" /></p>]]></content><author><name></name></author><summary type="html"><![CDATA[Une affichette à été installée lors de Faiseuses du Web 2 pour récolter des conseils de médias à suivre !]]></summary></entry><entry><title type="html">[Historique] Programme de l’édition n°2 en 2023 !</title><link href="/2024/03/25/historique-programme-de-l'edition-n-2-en-2023-!.html" rel="alternate" type="text/html" title="[Historique] Programme de l’édition n°2 en 2023 !" /><published>2024-03-25T00:00:00+00:00</published><updated>2024-03-25T00:00:00+00:00</updated><id>/2024/03/25/%5Bhistorique%5D%20programme%20de%20l&apos;edition%20n%C2%B02%20en%202023%20!</id><content type="html" xml:base="/2024/03/25/historique-programme-de-l&apos;edition-n-2-en-2023-!.html"><![CDATA[<p><strong>Une rencontre gratuite, sur Dinan, les 28 &amp; 29 avril 2023</strong> 🌱</p>

<p>Suite à Faiseuses du Web (première édition, en ligne), s’organise une deuxième édition, en présentiel, à Dinan !</p>

<p>Pour recevoir les infos pratiques : https://buttondown.email/faiseusesduweb</p>

<p>💜 Pour s’organiser, les participant·es ont mis un pad en place : https://mensuel.framapad.org/p/faiseuses-du-web-23</p>

<h2 id="déroulé">Déroulé</h2>
<h3 id="les-matins">Les matins</h3>

<p>On ouvre à 9h, on démarre à 9h15 !</p>

<p>De 9h30 à 12h, 4 thèmes, 2 par jour, seront abordés sous forme d’une table ronde un peu spéciale : Le fish bowl ou bocal à poissons !</p>

<p>Les thèmes abordés seront :</p>

<ul>
  <li>
    <p><strong><a href="https://faiseuses-du-web-maiwann-b39e3ee6f707e0427d112d9d1b3b0c497acec1.monpetitsite.org/2024/03/25/traces-numerique-et-ecologie-faire-du-web-et-etre-ecologiste,-est-ce-compatible.html">Numérique &amp; écologie</a></strong> : Faire du web et être écologiste, est-ce compatible ?</p>
  </li>
  <li>
    <p><strong><a href="https://faiseuses-du-web-maiwann-b39e3ee6f707e0427d112d9d1b3b0c497acec1.monpetitsite.org/2024/03/25/traces-numerique-et-services-publics-quelles-marges-de-man%C5%93uvres-pour-les-publics-delaisses.html">Numérique &amp; services publics</a></strong> : Quelles marges de manœuvres pour les publics délaissés ?</p>
  </li>
  <li>
    <p><strong><a href="https://faiseuses-du-web-maiwann-b39e3ee6f707e0427d112d9d1b3b0c497acec1.monpetitsite.org/2024/03/25/traces-numerique-et-mouvements-sociaux-a-quel-point-les-collectifs-militants-peuvent-ils-s'appuyer-sur-le-numerique.html">Numérique &amp; mouvements sociaux</a></strong> : À quel point les collectifs militants peuvent-ils s’appuyer sur le numérique ?</p>
  </li>
  <li>
    <p><strong><a href="https://faiseuses-du-web-maiwann-b39e3ee6f707e0427d112d9d1b3b0c497acec1.monpetitsite.org/2024/03/25/traces-numerique-et-travail-un-secteur-porteur,-mais-pas-pour-tout-le-monde.html">Numérique &amp; travail</a></strong> : Un secteur porteur, mais pas pour tout le monde ?</p>
  </li>
</ul>

<h3 id="les-après-midi">Les après-midi</h3>

<p>Les après-midi (de 14h15 à 18h) seront dédiés à des ateliers sous un format un peu spécial : <strong>Le forum ouvert !</strong></p>

<p>Les thèmes abordés seront ceux qui vous tiennent à cœur, car se sont les présent·es qui font le programme, sur place !</p>

<h2 id="accessibilité">Accessibilité</h2>

<p>Faiseuses du Web est organisé avec de petits moyens, mais souhaite tout de même être accessible au plus grand nombre.</p>

<p>Pour cela, nous avons besoin de vous, afin de savoir quels sont les aménagements qui vous seraient utiles.</p>

<p>N’hésitez donc pas à écrire à bonjour@maiwann.net afin de communiquer vos besoins, et nous verrons ensemble comment rendre votre venue possible.</p>

<p>PS : Cette question se pose notamment sur la venue ou non d’interprètes LSF, n’hésitez pas à me signaler au plus tôt vos besoins.</p>

<h2 id="accueil-denfants">Accueil d’enfants</h2>

<p>Si vous souhaitez participer à Faiseuses du Web et avez des enfants, nous voudrions ouvrir la possibilité de nous organiser collectivement pour vous permettre de venir avec vos enfants.</p>

<p>Vous pouvez écrire sur bonjour@maiwann.net en précisant quels seraient vos besoins (notamment âge / nombre d’enfants) et nous discuterons ensemble de ce qu’il est possible de faire !</p>

<h2 id="code-de-conduite">Code de conduite</h2>

<p>Les 2 jours de rencontre seront encadrés par un code de conduite qui est là pour construire ensemble un espace ouvert et chaleureux. Pensez à le lire avant le début de la rencontre !</p>

<h2 id="repas">Repas</h2>

<p>Pour simplifier l’organisation, le temps du repas n’est pas organisé par Faiseuses du Web.</p>

<p>Il peut se dérouler dans le centre-ville de Dinan, comptez 15 minutes à pied pour le rejoindre à travers de jolies ruelles pavées.</p>

<p>Si le trajet serait pénible à réaliser pour vous, n’hésitez pas à le signaler sur bonjour@maiwann.net ou en commentaire, nous trouverons des façons alternatives de s’y rendre.</p>

<h2 id="ça-coûte-combien-">Ça coûte combien ?</h2>

<p>Il y a 2 réponses à cette question :</p>

<ul>
  <li>
    <p>La participation est gratuite, pour permettre à chacun·e de venir sans être empêché·e par le coût d’entrée</p>
  </li>
  <li>
    <p>Par contre, l’organisation de la rencontre a un coût : Location de la salle, défraiement de quelques personnes invitées pour leur expertise, peut-être interprétation en Langue des Signes…</p>
  </li>
</ul>

<p>Un petit temps sera donc dédié à vous présenter les coûts liés à l’organisation de la rencontre, un prix d’équilibre sera annoncé (correspondant au prix total / nombre de participant·es) et vous pourrez participer financièrement pour amortir les coûts. Le restant sera pris en charge par l’organisatrice (Maïtané). La participation n’est absolument pas obligatoire.</p>

<p>Si vous êtes une structure qui souhaite soutenir l’organisation de Faiseuses du Web en faisant un don, écrivez un petit mail à bonjour@maiwann.net :)</p>

<p>Merci à Scopyleft pour leur don qui facilite l’organisation de Faiseuses du Web !</p>]]></content><author><name></name></author><summary type="html"><![CDATA[Une rencontre gratuite, sur Dinan, les 28 &amp; 29 avril 2023 🌱]]></summary></entry><entry><title type="html">[Traces] Numérique et écologie : Faire du web et être écologiste, est-ce compatible ?</title><link href="/2024/03/25/traces-numerique-et-ecologie-faire-du-web-et-etre-ecologiste,-est-ce-compatible.html" rel="alternate" type="text/html" title="[Traces] Numérique et écologie : Faire du web et être écologiste, est-ce compatible ?" /><published>2024-03-25T00:00:00+00:00</published><updated>2024-03-25T00:00:00+00:00</updated><id>/2024/03/25/%5Btraces%5D%20numerique%20et%20ecologie%20-%20faire%20du%20web%20et%20etre%20ecologiste,%20est-ce%20compatible%20-</id><content type="html" xml:base="/2024/03/25/traces-numerique-et-ecologie-faire-du-web-et-etre-ecologiste,-est-ce-compatible.html"><![CDATA[<p>Issu de Faiseuses du Web n°2 en 2023, voici la retranscription du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thode_du_bocal_%C3%A0_poissons">fish bowl</a> Numérique &amp; écologie</p>

<p>Note : Le fish bowl ne donne pas une retranscription facile à s’approprier si vous n’étiez pas là pour voir toute la dimension informelle de l’évènement. Nous partageons tout de même la retranscription dans l’espoir que cela puisse vous servir néanmoins.</p>

<p>Note 2 : L’enregistrement était de très mauvaise qualité, la retranscription n’est peut-être pas parfaitement fidèle à certains endroits, désolée d’avance…</p>

<h2 id="introduction-de-claire-z">Introduction de Claire Z.</h2>

<blockquote>
  <p>Oui, bonjour tout le monde. Alors, j’ai pris des notes ici. Je m’excuse par avance, ça va un peu parasiter.
Mais voilà, c’est la première fois que je fais intervention là-dessus.
Puisque donc je suis développeuse le jour et dans des associations écolos la nuit.
C’est probablement pour ça qu’on m’a proposé d’ouvrir cette session là en disant que j’ai peut-être des choses à dire là-dessus.
Je comptais me baser sur mon expérience personnelle et les questions qui m’avait traversée pour introduire cette session.
Donc j’espère que ça va être un minimum incarné.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Pour resituer un tout petit peu, moi là-bas je ne viens pas du milieu du web, du milieu plutôt culturel et social, et je me suis reconvertie dans le web.
Et donc depuis le début en fait, je suis un peu sur la ligne de crête entre les deux.
Donc quand je fais du web je suis sur des préoccupations sociales, quand je suis dans le social je pense aussi techniques, etc.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Au début, ce n’était pas du tout des questionnements écologiques qui m’agitaient. Et puis, et puis, je suis tombée dans le fameux syndrome de la maternité qui m’a fait me poser beaucoup plus de questions il y a quatre ou cinq ans.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Et à partir de là, je me suis posée un peu cette question-là, limite noir sur blanc : “Ok, Je fais du web. C’est pas forcément hyper écologique. De quelle façon est-ce que je peux concilier ça avec des préoccupations qui se renouvellent pour moi et qui sont assez, assez accrue, vraiment qui me prennent au corps.”</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Donc, premier mouvement, ça a été plutôt de me dire: je vais aller vers tout ce qui va être éco-conception, c’était encore relativement neuf à l’époque et pour moi, ça se traduisait par “ok, j’ai envie de faire des sites statiques à tout va, et j’ai envie aussi de faire un peu plus d’UX, d’expérience utilisateur, pour faire en sorte de n’avoir que des fonctionnalités qui soient importantes et d’enlever d’écrémer au maximum ce qui était inutile ou nocif.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Les questions qui m’agitaient et je suis toujours là-dessus, c’est “ok, ça demande pas mal de taf de bien faire l’écoconception. Et puis, qu’est-ce que ça permet de faire exactement ? Ça permet de faire en sorte qu’on puisse utiliser des pages moins lourdes, d’utiliser un peu plus longtemps nos supports…”</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Je commençais à m’intéresser aux ordres de grandeur, ce qui va beaucoup comtper c’est le renouvellement du matériel, et pas tant que ça l’utilisation des services numériques, donc changer son smartphone tous les deux ans, etc.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Mais bon, après tout, est-ce que ça va pas aussi simplement foutre un pansement sur une jambe de bois ? que ce n’est pas juste une caution pour continuer à dématérialiser à tout va plutôt que de remettre du service public, de remettre les humains derrière un guichet, pour pouvoir renseigner des gens.
Si ça permet juste de continuer à faire du business as usual en permettant de changer ses appareils numériques, en les gardant une année de plus…</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Est-ce que ça a vraiment du sens de faire de l’éco-conception ? Est-ce que c’est là-dessus que j’ai vraiment envie d’aller là-dessus où je me sens le plus utile ?</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Et donc il se trouve qu’en plus j’ai bossé sur du site statique, mais c’était difficile économiquement…
Et je me suis retrouvée à bosser sur d’autres techniques et technologies que je maîtrisais, pas forcément très réputées en termes d’écoconception. Mais par contre, la nouvelle ligne que que j’expérimente, c’est plutôt de me dire:
“Bah ok, je fais du numérique. Peut-être que c’est pas que dans la façon dont je fais du numérique que je peux avoir une place dans la question écologique, mais dans d’autres domaines.”</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Je fais du numérique, ça veut dire… ben moi en l’occurrence là, actuellement, je gagne plutôt bien ma vie.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Non, est ce que je peux continuer à faire du numérique et plutôt, à défaut de faire du web qui soit écologique, faire des dons à des structures qui militent dans la question écologique.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Est ce que faire du numérique, allier numérique et écologie, ça peut aussi vouloir dire bosser pour des structures qui sont dans l’écologie et leur donner des outils qui leur permettent d’être plus efficaces ?</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Est ce que ça peut aussi vouloir dire profiter de…
on peut se poser aussi la question du sabotage si on passe un petit cran.
On est en poste pour des… enfin certains d’entre nous peut-être bossent dans des infrastructures, mais ce n’est pas mon cas. La question du sabotage… moi je sabote le service sur lequel je bosse, à peu près personne s’en rend compte. Et ça a aucune incidence et ça a aucun impact.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Mais il y a toujours cette question quand même des infrastructures… Ceux qui veulent s’engager un peu plus, peut-être qu’il y a des questions de sabotage à aborder aussi ?</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Le dernier point où j’en suis, et qui qui m’agite aussi au quotidien, c’est me dire “ok, numérique et écologie…
Deux choses. La première chose c’est que moi je m’estime maintenant dans un secteur qui est hyper privilégié.
Je bossais avant dans la culture. J’ai longtemps été smicarde à bosser 60 heures par semaine et je sais que les conditions sont encore pire maintenant.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Et c’est le cas pour tous les milieux sociaux. Maintenant, je bosse à temps partiel et mon métier est hautement valorisé dans la société actuelle.
Donc, je me pose vraiment la question de la responsabilité des personnes qui bossent encore dans le numérique.
Responsabilité, peut-être aussi bien pour des temps futurs, de prendre sa charge, de faire sa part, et un peu plus parce qu’on a plus de moyens que d’autres. Peut-être, en tout cas, moi, j’ai plus de moyens que d’autres, c’est pas forcément le cas de tout le monde dans le numérique.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Est ce que la responsabilité sera aussi dans un monde à +3, +4°, est-ce que faire du web ça peut aussi être réussir à continuer à maintenir des infrastructures qui sont brinquebalantes, et qui seraient quand même utiles…</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Ou bien est-ce que, finalement, ça a encore du sens ou pas, de faire du numérique dans un monde à +4°</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Est-ce que ce serait pas mieux qu’on se reconvertissent tous ?
Moi, j’ai la tentation. À côté de ça, à côté du web, je travaille avec les plantes, avec une pépinière associative. Peut-être qu’un moment la bascule elle se fera vraiment.
Mais avec aussi le pendant du… eh bah on perd aussi pas mal de choses à sortir de notre zone de privilégiés, moi depuis que je gagne bien ma vie, je me rends compte à quel point c’est dur, la perspective de mal gagner sa vie.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Voilà, je vous laisse avec toutes ces questions-là qui sont les miennes, qui sont peut-être aussi des questions que vous pouvez vous poser.</p>
</blockquote>

<h2 id="échanges-des-participantes">Échanges des participant·es</h2>

<p>« (inaudible) »</p>

<p>« GreenIT, Tech for good, utilité des petits gestes, fresque du numérique, télétravail, Job that make sens, shift your job, infrastructure et architecture plus durable, comment ? »</p>

<p>« Du coup t’a parlé de faire du site statique et abandonner des techniques utilisées et qui était pas très durables.
Puis finalement t’es revenue dessus, ou alors j’ai mal compris. »</p>

<p>« Finalement, là où j’ai trouvé du job, c’est pas sur des sites statiques. »</p>

<p>« Et, du coup, toi tes recommandations se serait quoi vis-à-vis de… en termes de conception ? Ou est-ce que, en fait, finalement,  ça pèse pas tant que ça, et puis vaut mieux s’orienter vers autre chose. »</p>

<p>« Je sais pas. Pour moi, ça pèse pas tant que ça. Si tu t’intéresses aux ordres de grandeur, tu te dis, tu peux être amenée à te dire que ça ne pèse pas tant que ça, et ce n’est pas ce qui est le plus coûteux, mais en même temps, moi, tout mon cheminement, ça a été de trouver aussi, où est la place que je sens être la mieux pour moi ?</p>

<p>Comment est-ce que je diminue la dissonance cognitive ? Donc, y a pas de “il faut ou il faut pas le faire”. Moi, ça m’a semblé pas suffisant. J’avais envie de faire plus et mieux. C’est aussi pour ça que j’ai laissé tout ça de côté.</p>

<p>Et aussi j’entends parfaitement les gens qui disent non moi je veux continuer à faire de la tech et continuer à faire du web, et donc je veux le faire de la manière la plus écologique et responsable qui soit.</p>

<p>Et ça s’entend, et ça dépendra de quel impact tu veux avoir et avec quoi tu te sens à l’aise.
Je me sens à l’aise d’essayer de faire d’autres trucs.
Mais c’est pas forcément le cas de tout le monde et c’est très bien comme ça aussi.</p>

<p>Toi les questions que tu te poses c’est quoi en fait ? »</p>

<p>« Je me pose aussi un peu ces questions là. J’ai pas fait la recherche de combien ça pesait exactement.
Mais j’ai envie d’aller vers quelque chose qui est plus léger à terme, peut-être aussi sortir du web. »</p>

<p>« Peut-être que c’est un parcours aussi à faire. Ptet que c’est un parcours de dire “ok, je commence par vouloir voir de quelle façon je peux faire mieux du web…” et puis peut-être que le parcours s’arrête là pendant X temps, parce que c’est satisfaisant.</p>

<p>Et puis, peut-être qu’un moment, il y a d’autres questions, on se dit: ah ben non, mais j’ai envie de faire encore plus. Puis hop, il y a d’autres d’autres marches qui sont là.</p>

<p>Moi, je l’ai fait, Je l’ai pas fait de façon très poussée, j’ai été un peu flemmarde de l’écoconception. J’ai fait ce que j’ai pu. J’ai remarqué, à l’époque en tout cas, que ça ne me permettait pas tant que ça de gagner ma vie, parce que ce n’est pas là-dessus que mes compétences étaient recherchées, et j’ai choisi la facilité.</p>

<p>Et de dire: “ok, je prends un job qui est moins numérique durable, mais qui me permet de me dégager du temps à côté pour faire des trucs qui ont du sens pour moi.”</p>

<p>Toi, tu fais du développement ? »</p>

<p>« Ouais, plutôt front, et pour la grosse tendance en ce moment c’est que tout le monde utilise des frameworks lourds. Et moi ça me plaît pas.</p>

<p>Mais peut-être que en fait, les ordres de grandeur sont pas si…
J’en sais rien, pareil j’ai la flemme de regarder mais.</p>

<p>J’ai du mal à faire entendre aux gens, vous n’êtes pas obligé d’utiliser des frameworks pour tout ou des trucs comme ça. »</p>

<p>« Je trouve que ça pose une question hyper intéressante, ce truc de dire : “Au boulot, on utilise des gros frameworks. et moi je ne suis pas à l’aise avec ça.”</p>

<p>Et j’ai l’impression qu’il y a deux trucs: il y a l’impact écologique et il y a un peu la vision politique dans le sens :
Faire sobre ou pas.</p>

<p>Et que c’est pas forcément directement corrélé dans le sens où, donc, si on regardait que l’impact écologique, effectivement, comme l’enjeu principal du numérique c’est de pas renouveler les terminaux, donc les ordis, les téléphones et tout… Est-ce que utiliser un framework qui est lourd ça empêche la rétrocompatibilité, par exemple.</p>

<p>Peut-être parce que ça va dans l’innovation et donc, du coup, ça, c’est compatible avec les trucs les plus récents et pas avec les vieux.
Mais même ça, c’est pas complètement sûr. Donc, peut-être qu’on pourrait, je ne sais pas trop… lâcher ça. Et en même temps, à côté, il y a la partie un peu politique, sobriété, où c’est un peu rageant de faire des bousins, toujours plus lourds et toujours plus énorme, alors que… est-ce qu’on en a vraiment besoin ? Il faut qu’on aille vers faire moins… Alors, du coup, pourquoi est-ce qu’on fait ça ?</p>

<p>Donc, moi, j’ai l’impression qu’il y a cette différence entre les deux, et ça me fait me demander aussi, sur quoi est-ce qu’on se concentre, et sur ces enjeux d’éco-conception et de ce qu’il faut faire plus sobre, est-ce qu’il faut faire des sites statiques, des trucs comme ça…</p>

<p>Je me demande, en termes d’efficacité par rapport au changement climatique plus général, est-ce que on est sur le bout de la lorgnette parce que c’est dans notre domaine, sur nos compétences spécifiques, et qu’on se dit: “ah, on pourrait faire mieux quand même sur…” donc moi c’est en design, des trucs super spécifiques “mais cette typo ou cette couleur, est-ce que niveau écologique c’est vraiment bien ?”
Et on est sur des bouts de trucs et je me dis: “mais en fait, alors peut-être que je compare des trucs qui n’ont rien à voir.”</p>

<p>Mais en fait, si tu manges pas de viande pendant un repas,
plutôt que de te faire chier pendant trois heures à choisir ta typo… l’impact en termes de CO2 il n’a rien à voir.</p>

<p>Et donc est ce qu’on n’est pas en train de se concentrer sur des trucs qu’on a l’impression de maîtriser au niveau individuel, super spécifiques, plutôt que de dire “Non, en fait, moi, je fais des sites, ils ne sont pas éco-conçus mais en fait on s’en branle. Par contre, je vais bloquer le méthaniseur qui est à côté de chez moi.”</p>

<p>Et en fait les trois heures au lieu de choisir ma typo je les passe à bloquer le méthaniseur, et ça a 1000 fois plus d’impact.</p>

<p>Et j’ai peur que dans le numérique, on se coince dans cette ornière : “Mais on fait des trucs aussi côté numérique, vous inquiétez pas, regardez c’est éco-conçu, les datacenters sont verts, blablabla. Entre greenwashing et des vrais trucs de personnes bien intentionnées et… finalement, est-ce que ça a de l’intérêt ? »</p>

<p>« Ça me rappelle ce débat “Pio faut envoyer moins d’emails”
alors que c’est pas du tout comparable, c’est pas franchement les emails qui consomment le plus en usage du numérique. »</p>

<p>« Là on est champions du greenwashing ! »</p>

<p>« J’ai une image à la noix qui m’est passée en tête.
Qui est que, effectivement, on a des frameworks de plus complexes à utiliser. Comme si on avait un peu des SUV des sites internet et tout. Et on se dit avec l’écoconception que non, en fait, il faut passer toute la flotte à l’électrique.
Avec des outils qui sont mieux en termes de décarbonation et tout, et que tout sera réglé. Sauf que en fait passer toutes nos bagnoles électriques ça ne résoud pas du tout les soucis, c’est tout le plan de mobilité qu’il faut revoir, tous nos déplacements, qu’il faut voir et donc juste passer, voilà à des sites électrifiés… ça suffira pas, quoi. »</p>

<p>« Moi je voudrais changer un peu de sujet. J’ai trouvé une des remarques très intéressantes, qui disait “quel était le rôle du numérique dans un monde à +3°, +4°… C’est une question qui est très intéressante.
J’ai ma propre réponse. J’espère qu’elle est correcte mais je ne sais pas.</p>

<p>Il y a un truc pas du tout été mentionné jusqu’à présent, c’est la puissance du numérique en terme de diffusion de savoir.
Et pour moi dans un monde à  +3°, +4°, le numérique il sera très utile pour partager les informations rapidement et parce qu’on va devoir évoluer a priori assez vite dans des situations qu’on connaîtra pas.</p>

<p>Donc s’il y a des gens qui seront capables de bien réagir à certaines choses, le numérique, à mon avis, sera très utile à ce moment-là pour qu’on se passe les infos et que tout le monde puisse s’adapter, parce que je pense qu’on va devoir s’adapter assez vite. »</p>

<p>« Alors moi, à l’origine donc, je disais que je bossais dans la culture, notamment, je bossais dans une asso qui faisait de l’art numérique.
Et ça, ça remonte à 2008, ça commence à dater un peu. Et ce qui portait cette asso là c’était tout ce qui est utopie d’internet du début, le partage d’informations, le savoir pour tout le monde, l’auto-organisation, etc.</p>

<p>2008-2022 c’est vrai que je suis un peu revenue là-dessus.
Je trouve ça hyper compliqué. Les évolutions du numérique, du numérique dominant en tout cas, me font dire “aaaah c’est la merde”.</p>

<p>C’est là qu’on a des le poids de grands groupes, le poids de la désinformation, etc. Donc, j’ai cet espoir là toujours, des utopies d’internet et en même temps, je n’arrive pas à garder ou à fonder tout mon espoir là-dessus.</p>

<p>Et pourtant je vois quand même que ça joue un rôle dans, même, dans les mouvements actuels.
Les soulèvements de la terre, la façon dont ça se répand, c’est aussi à travers ces outils-là, puis ensuite mobilisation massive sur place.</p>

<p>Mais malgré tout, je ne sais pas maintenant, j’ai peur je suis un peu revenue de ça. De ce côté de l’internet, des origines, du grand rêve bleu d’internet. »</p>

<p>« C’est vrai que ça a été un peu accapré par… »</p>

<p>« Et donc je me dis : “ok, on peut garder ça en ligne de crête, mais moi, en tout cas, je parierais pas là-dessus, j’ai envie de foutre mes billes aussi dans autre chose.”</p>

<p>Donc ça sera pas moi qui maintiendrai les infrastructures.
Tant mieux si d’autres le font, mais personnellement je mettrai mes billes ailleurs. »</p>

<p>« On a parlé tout à l’heure d’expérience personnelle. Du coup, je vais lancer mon expérience personnelle.
Moi y a pas longtemps, j’ai appris à m’occuper des plantes. Tu as parlé des plantes ça m’a fai penser à ça aussi…</p>

<p>Et je trouve que les infos qu’on peut trouver en ligne, justement pour moi ça a été une béquille énorme, parce que quand tu connais pas une plante, c’est bizarre, ça ne parle pas, ça ne donne pas d’infos, tu ne sais pas ce qu’il faut faire…</p>

<p>Et j’ai trouvé que, dans ce domaine-là, internet avait été une source exceptionnelle de connaissances et de… Je ne trouve pas le mot en français. Ça m’a permis de me lancer et de commencer, et j’ai l’espoir que, dans le futur, ou pour d’autres problèmes des gens auront la même facilité à trouver des infos et à se sentir capable de faire des choses comme ça. »</p>

<p>« Oui alors… Ensuite j’arrêterai, je suis désolé, je suis hyper bavarde sur le sujet je me rends compte.</p>

<p>Oui, je te rejoins sur ça, pour moi aussi, et je suis en fait…je cauchemarde du fait qu’internet puisse s’arrêter…
Aussi parce que toutes ces sources d’infos, de données, de connaissances puissent puissent être coupées quoi… »</p>

<p>« Là pour moi ce serait un énorme retour en arrière, en fait. »</p>

<p>« Mais… de mouvement que je fais en parallèle à ça, des recherches sur internet, c’est que petit à petit, je vois autour de moi je connais les réseaux, et j’ai jamais autant appris sur les plantes, qu’en allant à des stages, à des journées en rencontrant d’autres jardiniers, en discutant vraiment sur du concret…
Et deuxième truc: je dépense un fric fou dans des bouquins.
Donc là, je commence à avoir une bibliothèque conséquente sur tout ce qui est plante en me disant, ça servira toujours et ça pourra être prêté, et ça servira sur le territoire.
Si, quoi que ce soit, si coupure, si…
Si plus de ressources numériques, etc. »</p>

<p>« On est d’accord que tu perds le côté… instantané ça serait un peu un gros mot… rapide on va dire en matière de diffusion de l’information ? »</p>

<p>« Ouais »</p>

<p>« Parce que ça c’est une des raisons pour laquelle j’ai de l’espoir. On a parlé d’un gros changement climatique à venir, et donc peut-être que des infos qu’on a qui deviennent… pas invalides »</p>

<p>« caduques ? »</p>

<p>« Voilà. Et peut-être que le numérique là dedans peut avoir une utilité dans la vitesse à laquelle elles se transmettent. »</p>

<p>« Sur ce point précis sur la vitesse. Je pense qu’il y a une espèce de fumée autour de la vitesse et de la rapidité, parce que, dans tous les cas, l’information, même si c’est un livre ou n’importe quoi, l’information, il faut que tu la prennes, que tu la digère, voilà il toutes ces étapes d’information dont ton cerveau a besoin, je pense.
Et ça, internet ou pas, c’est à peu près le même temps.
Et je suis pas sûr que aujourd’hui, en fait, on essaie d’aller hyper vite, tout le temps, partout, dans tous les milieux, et justement, numérique et écologie dans le numérique.
Tout va très vite, tout change en 6 mois.</p>

<p>Et peut-être justement que on peut essayer de se dire comment on fait du numérique, mais moins vite.</p>

<p>Parce que c’est cette rapidité là aussi qui fait que c’est pas maintenable d’aller aussi vite et de maintenir cette cadence là de rapidité d’information, d’échange, d’accessibilité à tout.</p>

<p>Je parlais d’infrastructure et j’ai un ami qui a une instance qui tourne, je crois que c’est à l’éolien ou parc solaire et qui est pas tout le temps disponible, l’instance elle fonctionne pas à 100%.
Et c’est pas grave, le service il est là quand c’est possible.</p>

<p>Et quand les conditions sont réunies pour le faire et du coup on ne se rend pas dépendant. Non, c’est juste un service qui est disponible à un instant T et que, au moment où on utilise ce service, il est disponible parce que il y a toutes les étapes qui font que c’est disponible. »</p>

<p>« Je n’étais pas du tout convaincu jusqu’à ton exemple, et ton exemple est très convaincant. »</p>

<p>« Je pense qu’il y a ce truc là de… c’est un outil.
Et toutes les conditions ne seront pas toujours là pour que cet outil soit disponible.
Du coup, je pense que c’est pour ça que la rapidité, il faut pas… tous les outils ne peuvent pas être disponibles à tout instant.</p>

<p>Et du coup là, la rapidité et l’instantanéité du numérique, je pense que ça fait partie du problème. »</p>

<p>« Moi, j’ai du mal à voir le défaut de la rapidité du numérique. Je trouve que c’est quelque chose qui est brillant et on a eu un exemple hier, on parlait des barricades à Hong Kong. Et ça c’est, je trouve un exemple qui est vachement optimiste parce qu’on a une méthode de contestation, qui s’est exportée en quelques jours ou des semaines, grâce à ça.</p>

<p>Il n’y a rien d’autre sur terre qui permet de faire un truc comme ça.
Enfin, de manière aussi… parcequ’on pourrait dire la télé, j’en sais rien, mais décentralisée et accessible à tout le monde, c’est quand même…</p>

<p>Et la seule chose que je voulais dire, c’est que, du coup, si on est dans un monde où tout change très vite, là on a eu un exemple d’une méthode de contestation qui s’est exportée en quelques semaines.
Ok demain va falloir qu’on réagisse très rapidement.
Peut-être que c’est une clé, j’en sais rien. »</p>

<p>« Là, on a parlé de l’impact du numérique et pour moi, il y a quelque chose d’évident, qui est que le numérique peut éviter beaucoup d’autres impacts collatéraux en passant par le numérique.
Donc notamment pour chercher un job en télétravail.
Et évidemment avec le covid on a travaillé beaucoup en ligne, ça a évité, pour ma part, dans mon ancien taf, beaucoup, beaucoup de déplacements en voiture, beaucoup, beaucoup de déplacements en avion.
Donc, sur ça, je pense qu’en terme d’équilibre, c’est faux, et du coup, moi, je suis aussi partie de mon taf, parce que quelque chose qui m’avait fait prendre ce poste avec la perspective de pouvoir beaucoup bouger à l’étranger, qui me mettait mal à l’aise à la fin, quand on m’a dit: hein, tu vas enfin pouvoir aller en Turquie, j’étais en mode “Oh non” et c’est bizarre…
Voilà donc… moi je viens d’arriver dans le numérique.
Ce n’est sûrement pas le truc parfait niveau écologie, mais tout ce que j’ai évité, même si quelqu’un d’autre a pris ma place, pour mon empreinte carbone égoïstement personnelle, du coup, j’ai évité quand même pas mal de choses.
Quelqu’un a pris ma place par contre… »</p>

<p>« Est ce que vous vous sentez responsable de quelque chose de là où vous êtes ? »</p>

<p>« Du coup sur la partie numérique, ce serait… quand je fais quelque chose, j’essaie de rajouter le moins de serveurs possible en plus quelque part.
A te dire : tiens, comment est-ce qu’on peut faire le truc qui soit le moins gourmand. Et comment est-ce qu’on peux… comment est-ce que quand on fait une demande de “je voudrais ça”, je puisse le filtrer à travers “Mais est-ce que quand tu me demandes ça, t’es conscient ou consciente que ça coûte tant, que c’est tant de données, que c’est tant de trucs, que c’est tant de machins” et souvent, quand les personnes sont à l’écoute, le prennent en compte et du coup je me dis, je fais ce travail là de pouvoir faire la traduction entre techniques et conséquences.</p>

<p>Et j’essaie de travailler le moins possible et faire plus de trucs hors écran. »</p>

<p>« Moi, je ne sais pas développer.
Moi je suis une utilisatrice et du coup je vais ramener ça à l’utilisateur.
Nous, on en a besoin, en fait, du numérique.
Et on fait confiance à ceux qui ont fait le site.
Moi, j’ai des logiciels qui me permettent de voir quelles pages sont ouvertes en même temps que la page où je vais, j’utilise umatrix. Donc, je sais à peu près combien il y a de sites qui s’ouvrent en même temps.
Du coup ça m’a permis aussi de découvrir que lorsqu’on on va sur un site, eh ben, c’est pas que le site qu’on va voir.
Il y a aussi plein d’autres… enfin c’est ce que j’ai compris, on ouvre plein d’autres pages sur d’autres serveurs… puisqu’il y a d’autres noms de domaine.</p>

<p>Et ça, je suis bien contente d’avoir des bloqueurs, du coup ça les empêche de s’ouvrir.</p>

<p>Et j’ai fait aussi un blog. Comme je ne sais pas faire, je fais avec mes… je regarde un peu à droite, à gauche, et puis je vais essayer de voir. Je fais du copier, je vais essayer.</p>

<p>Vous parliez tout à l’heure du poids de vos sites, je ne sais pas combien il pèse le mien.</p>

<p>Et, par contre, ce que je sais, c’est que j’ai pas mis… il y a que mon adresse, y a que mon nom de domaine qui est dessus.
Donc je me dis: c’est pas trop mal.
J’ai pas pris tous les packs google qui, dans certains sites, je ne sais pas si c’est écologique, mais en tout cas, je sais que je trace personne.</p>

<p>Donc du coup voilà. Je ne sais pas si je suis responsable de quelque chose en écologie.
Je me pose des questions.
Et je fais comme je peux, en essayant de faire le moins pire.</p>

<p>Et puis je me dis: il y a plein d’autres gens qui ont envie de faire… qui ont des choses intéressantes à dire.
Mais je ne saurai pas leur conseiller, par exemple, quel site, comment faire, où, quel site prendre pour qu’ils puissent faire le leur. Et ça, c’est vrai que ça, bon, j’ai beau chercher, il y en a certains, mais ils sont compliqués.</p>

<p>J’ai testé, il y a des trucs qui sont durs à faire quand on ne sait pas faire.</p>

<p>Et ça, c’est pas simple non plus.
Mais en même temps, moi, j’aime beaucoup le numérique.
En me disant: voilà, moi, j’ai des copains. Ils sont à l’autre bout du monde, et si j’allais les voir, ça coûterait encore plus cher. Le poids là en écologie, il est quand même moindre avec le numérique.</p>

<p>Et puis, je me dit, il y a peut-être aussi, comme tu parlais des terminaux, la machine qu’on va utiliser… on peut peut-être faire tenir le plus longtemps possible.</p>

<p>Là nous on a du poids, en tant qu’utilisateur.
On peut changer son système s’il est trop lourd. Si c’est une machine qui rame, au lieu d’en acheter une autre et on va lui mettre un système plus, plus léger, et puis elle va durer encore plus longtemps.</p>

<p>Et du coup, tous ces métaux là qui sont extraits, ben on n’a pas besoin de les extraire de nouveau pour avoir une nouvelle machine.</p>

<p>Nos smartphones, pareil, on va essayer de les faire tenir le plus longtemps possible.
Et puis ne pas forcément écouter toutes les applications qui vont nous dire : “Oh, achetez un nouveau parce que on marchera beaucoup mieux”. Ben tant pis si ça marche pas, j’en ai pas besoin.</p>

<p>L’écologie elle passe peut-être par la sobriété.
Moi les mails je vais les regarder tous les jours.</p>

<p>Mais je suis pas obligée d’avoir toujours mon ordinateur allumé. Et puis voilà, ça va être des choses comme ça. Mon téléphone me sert juste à téléphoner.
Et je vais pas sur internet avec je vais, je vais rien faire avec… c’est un smartphone, mais il téléphone, il reçoit des sms. »</p>

<p>« Moi j’avais une question aussi, avec ce que tu amènes. La question que je me pose… une question à laquelle j’ai pas du tout de réponse finalement.
On est très dépendant de serveurs, de datacenters à l’extérieur… et on a tous, toutes des connexions internet, à la fois sur notre téléphone à la fois, parfois, chez nous. Et du coup il y a eu des projets il y a quelques années… par exemple qui s’appelait “la brique internet”, de décentraliser vraiment cette infrastructure là et de moins dépendre des datacenters.
Donc, c’est-à-dire en installant, en ayant des services qui tournent en local, chez nous.</p>

<p>Et voilà une des questions que je me pose. Finalement, c’est : “Est-ce que vous sauriez peut-être, c’est quoi l’état de l’art là-dessus à l’heure actuelle ?”
Puisque j’avoue que moi j’ai un peu… ben je fais pas ça en fait. Finalement, j’ai essayé de le faire à un moment: installer un petit Rasperry Pi chez moi, ou avoir un serveur, et en fait, je ne sais pas, j’y ai pas mis l’énergie que j’aurais pu y mettre, je pense.</p>

<p>Et voilà, et je trouve ça intéressant comme approche peut-être, et c’est ça aussi une autre question, c’est :
“Et ce serait quoi le coût écologique de ça, est-ce que que ça sert vraiment à quelque chose, est-ce que finalement avoir des services qui tournent sur des data centers, peut-être ça coûte moins, peut-être pas ?”
Voilà mes pistes de réflexion…
Et puis peut-être un petit lien aussi avec ce qui se disait tout à l’heure, le rapport à l’immédiateté.
Justement si je repense à nos terminaux, qu’on a dans la poche, peut-être qu’on utilise pour recevoir des messages, on peut aussi imaginer ne pas avoir besoin de relais d’information et travailler en connexion directe.
Bon je sais qu’il y a plein de projets qui bossent là dessus et je connais un peu les limites de ça.
Mais j’ai l’impression que le cadre a beaucoup évolué, en fait, ces dernières années, parce que tout le monde a des smartphones. »</p>

<p>« Je vais rebondir sur l’infrastructure. Puisque c’est en partie ce que je fais. Et l’impact des datacenters… un datacenter est vachement optimisé pour réduire sa consommation électrique et sa déperdition de chaleur.</p>

<p>Mais au-delà de ça, le coût, on l’a dit plusieurs fois, il est à la fabrication.
Et quand on loue une instance de cloud dans un datacenter, c’est les serveurs qui vont être renouvelés assez fréquemment pour rester en fait maintenus par le fabricant, pour éviter les pannes.
Et une réflexion que j’ai dans mon travail, c’est que nos services, nous, ils sont pas dans le cloud, ils sont nos propres serveurs, nos datacenters.
Et dans mon équipe d’un récupère en fait les vieux surnom de la production pour les faire durer, donc ils sont plus maintenus. Et on nous a proposé plusieurs fois d’en racheter d’autres, et avec d’autres membres de l’équipe on a ces réflexions. On se dit que ceux qu’on a là ils fonctionnent. Et on préfère en fait, et c’est la réflexion que j’ai, c’est comment on peut prévoir  l’infrastructure de manière à ce qu’elle soit résiliente au fait qu’on sache que ça peut casser. C’est à dire qu’on prévoit d’installer des serveurs qui vont casser.
À un moment il y a un contrôleur qui va tomber en panne.</p>

<p>Ça a son impact, est-ce que c’est grave, est-ce que c’est pas grave si le service ne marche pas pendant une semaine le temps qu’on en trouve un autre ?</p>

<p>Est-ce qu’on en prend plusieurs vieux pour faire de la redondance et si ça tombe on remonte sur l’autre, au lieu d’en racheter d’autres, parce que ça ne coûte pas grand-chose, de les avoir juste là éteints.</p>

<p>Pour moi il y a un intérêt à héberger que se soit chez soi ou dans un environnement qui soit moins impactant.
Si ça tombe en panne, ça tombe en panne sur certains services ça peut ne pas être tout le temps. Sur d’autres oui. »</p>

<p>« Oui moi en fait j’ai le truc de l’escalier. Donc, en fait, je souhaitais réagir à la question de…
Est-ce que ous sentez une responsabilité ?</p>

<p>Donc moi, je me sens une responsabilité.
Voilà, comme certaines l’ont dit, j’essaie dans mes pratiques individuelles de faire gaffe, avec toutes les difficultés qu’on peut avoir à faire durer ses équipements ou… on ne maîtrise pas tout nos choix quoi.</p>

<p>Mais surtout moi, depuis cette année, je donne des formations, principalement auprès des bibliothécaires, sur des questions d’écologie et numérique.
Et avec souvent une demande des personnes qui viennent pour être formées, d’avoir des connaissances théoriques sur le sujet, mais surtout de pouvoir faire des ateliers avec leur public, qui sont bien souvent des ateliers autour des petits gestes.
Et donc, moi, tous mes questionnements autour de ces questions-là, c’est comment, en fait, on rend sensible toutes les problématiques invisibles liées à l’écologie, au numérique et notamment le fait que, avec l’extraction minière, on pollue des terres, souvent des terres indigènes à l’autre bout du monde, et que ça continue une politique colonialiste.
Et comment on rend sensible ça, en évitant la paralysie derrière ?
Et ça, c’est vraiment des trucs qui sont, je trouve, pas facile et qui se résolvent pas en 2 jours de formations de toute façon, c’est sûr.
Et par exemple, voilà, dans une bibliothèque, on fait un atelier de sensibilisation du public sur “voilà les petits gestes, faire durer ses équipements, etc.”
C’est super, mais à côté de ça, la bibliothèque, à la demande des élus souvent, elle va par exemple acheter un casque tv pour faire des activités réalité virtuelle, parce que la réalité virtuelle, c’est super innovant, c’est top moderne machin, etc.
Et du coup, souvent, dans des structures comme ça, il y a des ateliers de sensibilisation, mais globalement, la cohérence de l’ensemble de la structure, bah, en fait, ça, ça va pas, avec ces ateliers là.
Donc voilà, moi, ça boucle sur plein de questions que je me pose sur : comment on fait ensemble pour essayer d’améliorer les choses. »</p>

<p>« Sur la responsabilité j’ai regardé une émission il y a pas très longtemps avec 3 scientifiques qui faisaient partie du conseil pour le climat. On en pense ce qu’on en veut, peu importe.</p>

<p>Mais dans ces 3 personnes il y avait une sociologue.
Et c’est un discours que je trouve on n’a pas eu assez, ces dernières années, l’aspect social de la lutte écologique.
On va pas dire lutte écologique, mais de tout cet aspect-là.
Qui parlait justement qu’on mettait énormément de responsabilités sur les gens, au quotidien. Que y avait… tu parlais de dissonance cognitive tout à l’heure entre : on dit aux gens de faire attention à ce qu’ils consomment, mais on leur propose le dernier smartphone,
de faire des pubs au quotidien sur le dernier smartphone, donc on met la responsabilité sur l’individu.
Et on en vient aux questions d’individualisme qu’on avait hier.</p>

<p>C’est tout cet aspect de valeurs au final, je crois qui…
où on est individualisés, donc forcément la responsabilité elle est sur l’individu et du coup, forcément, tout le monde se dit : ah, mais je n’ai pas le droit de faire ça, ou je peux pas… Toutes ces questions là elles se posent sur l’individu et à contrario d’avoir des structures qui se posent même pas la question est qui s’injectent elles même de l’argent et qui réfléchissent pas à toutes ces questions là doncou je pense qu’il y a un truc de …globalité.</p>

<p>De “comment faire ensemble” ?
Je n’ai pas la solution de comment faire ensemble, mais voilà. »</p>

<p>« Et moi je voulais répondre sur cette question de casque de Réalité virtuelle. J’ai un peu des connexions à la noix, avec les piscines.
Il y a plus en plus de débats, en tout cas dans le coin, sur les piscines, d’ailleurs une nouvelle piscine communautaire qui va être créée.</p>

<p>C’est un équipement qui énergivore au possible, pas du tout écolo. Est-ce qu’on fait bien d’en faire une ou pas ?</p>

<p>Et puis la réflexion qu’on peut avoir, que j’ai un petit peu de mon côté, c’est peut-être mieux qu’un équipement énergivore soit collectivisé, quitte à interdire les piscines individuelles. Et je me dis peut-être que le rôle d’un équipement comme la bibliothèque, c’est aussi d’avoir des trucs qui sont énergivores mais qui permettent d’être testés et que se soit collectif, que soit commun, plutôt que des foyers, la tentation de multiplier eux-mêmes ce type d’équipement là. »</p>

<p>« J’aime bien cette réflexion là. De se dire que les outils qui consomment trop sont collégial et sont collectifs. Et c’est un truc qu’on perd, je pense c’est un truc qui marche je pense pas mal dans les petites villes, petites et moyennes villes, on va dire. Mais qui se perd, je pense, dans un niveau plus plus global.</p>

<p>Moi j’habite à Bordeaux et je pense que ce truc-là de faire pour tous, il est noyé dans la masse on pourrait dire. »</p>

<p>« Moi je dirais qu’il y a aussi la problématique de, par exemple, si on rebondit sur les bibliothèques : qui va en bibliothèque ?
En gros, c’est les CSP+, pour aller très vite.
Il y a des personnes qui vont pas en bibliothèque parce qu’elles se sentent pas légitimes à y aller.
Et du coup, ça touche pas tout le monde quoi…
Ptet qu’il y a une question de taille de structure aussi. »</p>

<p>« Il n’y a pas que les bibliothèques. Il y a aussi des tiers lieux… des endroits qui vont être fait par des citoyens. Je suis entièrement d’accord sur le fait qu’on peut fédérer des outils.
Et je rebondis… Je passe du coq à l’âne, mais sur la VR,
ça peut aussi être utile dans certains cas, des personnes qui pourraient pas se déplacer… qui pourrait faire des explorer des choses, des musées… de façon différente. »</p>

<p>« Je sais pas si ce qu’il faut questionner, c’est l’utilité d’une technologie ou si c’est son usage.
Si je prends par exemple la VR ça peut être intéressant pour la conception, l’architecture, plein de choses comme ça. Et, en fait, qui va acheter des casques VR demain ?
C’est peut-être des gens qui vont s’en servir pour des jeux vidéo, du loisir… En fait la masse quoi.
Du coup, cette réflexion là, moi, je l’ai en ce moment avec le web parce que, du coup, c’est là dedans que je suis… mais du coup, il y a quand même un gros mouvement de fond ce qui fait que, du coup, j’ai un peu 2 signaux qui m’arrivent : C’est d’un côté peut-être assez de… Je suis assez positif quand je vois, par exemple, que la communauté des développeurs commence à se sensibiliser au fait d’exporter des fichiers statiques.
D’avoir juste quelques micro services pour gérer des formulaires de contact, et puis basta, et en fait sinon on revient juste sur le web de base et c’est un peu…
c’est bête, mais je veux dire quand le web a été créé, finalement, il avait tout quoi. Il avait la sobriété et l’accessibilité, et ce n’était pas que par choix, c’était aussi parce que il y avait des limites techniques aux machines.
Et ces limites on ne les a plus.
Il n’y a plus aucune limite, c’est-à-dire que, pourquoi est-ce que tout un chacun a autant de puissance dans l’ordi qu’il a chez lui, par exemple ?
Quel est l’usage qu’il en fait et donc en fait voilà, c’est ça où je voulais en venir, c’est que, finalement, je vois que, en tout cas pour les développeurs qui ne sont pas… pour les développeurs éclairés, parce que après, c’est des questions de pourcentage.
Mais l’idée, finalement, de toujours sortir un CMS bien connu pour faire le site d’un cordonnier qui va changer trois fois par an les horaires, ou je ne sais pas… un resto qui change son menu une fois par semaine.
On voit que ça a ses limites, on voit que ça sert pas, en fait, qu’il y a des solutions beaucoup plus sobres.
Et du coup aussi plus résilientes, plus sécurisées. Ca a plein d’autres avantages.
Sur la consommation électrique aussi.
Je pense que on est toujours pas en train de payer le coût réel des choses.
Du coup, ça nous permet de vivre largement au-dessus de nos moyens. Et par exemple, avoir un ordi avec une alimetation de 1000 watts ça n’étonne plus trop.
Alors que je sais pas, par exemple, j’ai vraiment découvert en l’achetant et je n’avais pas fait attention, mais j’ai mon dernier ordi c’est une alim de 30 watts et je fais tout avec, c’est mon ordi de boulot.
Et je suis assez étonné de ça.</p>

<p>Et donc je me dis : c’est la technologie des processeurs ARM qui arrive.
Donc en fait tout ça pour dire que oui, clairement il faut… enfin mes dernières phrases pourraient laisser penser que je me dis que la techno change les paradigmes et nous aide.
En fait, c’est pas tout à fait ça. C’est quel pourcentage de gens, quelle utilisation et surtout se questionner sur l’usage.
Je ne sais pas.</p>

<p>En fait, peut-être que dans mon environnement, les gens me questionnent pas mal quand ils ont besoin d’acheter, un ordi, ils m’appellent aussi quand leur freebox marche plus…
Mais en fait, l’idée, c’est peut-être de questionner de les gens sur leur usage et dire: ok, t’as besoin de quoi réellement ?</p>

<p>Et c’est pareil pour un site internet.
Tout à l’heure, on parlait des serveurs, on parlait de rapidité. En fait, il y a peut-être une limite à la rapidité au-delà de laquelle là, par contre, on devrait payer un surcoût. Est-ce que si on utilise un réseau de CDN qui va redonder toute l’info, qui va consommer à fond mais juste pour gagner quelques microsecondes, sur le site de mon cordonnier comme tout à l’heure ou le site de ma mairie. En fait, si j’ai besoin d’un service, que j’attends un petit peu, ce n’est pas non plus si grave que ça.
Effectivement, Amazon, ils vont perdre quelques centimes si ils font pas ça, mais pas mon cordonnier en fait.</p>

<p>Ces questionnements sur… quel est l’usage réel, quel est l’usage dont j’ai besoin, quelle techno est la plus adaptée à ça ?
Donc, ça c’était pour le côté positif, où je trouve qu’il y a de plus en plus d’alternatives pour ça, et puis en plus avant on faisait pas mal à la main, et puis là, il y a quand même vachement de petits générateurs qui font des sites statiques pour nous, et je trouve ça chouette.</p>

<p>Et en même temps, ben c’est le pourcentage et le nombre de gens qui se questionnent là-dessus ou là par contre, je me dis : bon bah, peut-être que, ok, c’est peut-être pas une grosse proportion.</p>

<p>L’autre jour, il y avait un appel des énergéticiens, des vendeurs d’énergie, des fournisseurs d’énergie à couper tout ce qu’on avait d’électrique chez soi quand il y avait l’allocution d’un personnage politique à 20 heures.
En fait, j’étais embêté parce que j’avais rien à éteindre. Il faisait encore jour. Bon, enfin, voilà, à part débrancher mon frigo…</p>

<p>Donc il y a en parallèle de ça, moi je viens du sud de la France. Dans le sud de la France, il y a des conflits autour des couloirs aériens, par exemple, où on impose à la population le fait qu’on ait des jets qui contiennent 1,3 personnes, qui passent continuellement dans le ciel et qui embêtent un gros pourcentage de la population.</p>

<p>Quand on voit qu’il y a un grand nombre de vols qui sont faits pour aller de Monaco, Nice, à Mandelieu. Donc là, on est sur du 60 km… peut-être que…donc ça, c’est mon côté un peu plus négatif, c’est-à-dire que ouais, tout ça, c’est super enthousiasmant, les processeurs consomment moins tout ça…</p>

<p>Et en même temps, ben, non, c’est-à-dire par exemple le vol privé, les jets, en fait, c’est en explosion. Il y avait une émission là-dessus d’envoyé spécial qui a un mois ou deux.
Ça explose. On avait un ministre des transports qui était lui-même pilote d’aviation d’affaires.
Et qui mettait ça en avant…
Voilà, on n’a plus de train, on n’a plus de train de nuit…
Et du coup, ça me fait rebondir aussi sur ce qui était dit sur nos questionnements de “à qui on demande de faire l’effort.”, et est-ce que ça va être encore finalement uniquement aux mêmes, avec une catégorie au-dessus qui sera libérée de cet effort parce que c’est pas grave, parce que c’est cool, parce que boire du champagne et jouer au golf, finalement, faire les deux en même temps… C’est finalement, c’est un plaisir aussi.
Donc, évidemment, est-ce que quand on a les moyens, on se questionne sur ses plaisirs, est-ce que…
Demander toujours aux mêmes et questionner sur: ok, mettez des cols roulés… Mais la personne qui demande de mettre des cols roulés, elle parle d’où ?
Elle fait quoi comme efforts ?
Voilà, c’est tout ça que je questionne et qui, là, pour le coup, me rend moins optimiste… »</p>

<p>« Je vais revenir sur la vitesse… j’ai lu 2 bouquins il y a une paire d’années qui m’ont fait vouloir me sortir de ce truc-là. C’est “la vitesse” de Paul Virilio qui décrivait comment la vitesse et l’instantanéité, en fait, sont plutôt des soutiens du capitalisme et de la création de richesses et créateurs d’inégalités.
Et il y avait “le bluff technologique” de Jacques Ellul aussi, qui était assez fort dessus, où avant déjà que le minitel existe, il prévoyait que si on est sur des systèmes informatisés qui sont entièrement reliés entre eux, ça ne fera qu’accélérer une économie qui était déjà là et que la vitesse qu’elle avait servi à faire, c’était extraire des choses, extraire des ressources plus rapidement, transporter des ressources plus rapidement et enrichir des gens qui sont riches plus rapidement. En fait, c’est l’effet principal, c’est ça donc, nous, ça nous avantage. Mais ce qu’il faut voir, c’est que ce truc là, il va surtout servir à ces personnes.
Du coup aujourd’hui je me dirais : si on a plus internet, en fait c’est une crise économique mondiale. Ce truc-là s’arrête. On fonctionne autrement.
En fait, l’écologie avait à dire : parce qu’on va faire moins d’extraction de ressources, parce qu’internet s’est arrêté.
Si on débranchait la prise radicalement, on aura ça. »</p>

<p>« Pour ce que tu as dit sur les machines.
La tienne celle que t’as trouvé elle consomme moins d’électricité. Et ben moi j’ai découvert aussi sur des ateliers des machines qui sont… enfin y a rien dans la machine, elle peut que se connecter sur internet.</p>

<p>Et je vois pas l’intérêt en fait.
Pourquoi est-ce que les gens ont construit des machines, qui ne peuvent être que connectées ?
Donc du coup, même si tu veux faire, tu as la formation du coût écologique… Ben, c’est pas bien, ils n’ont aucune main dessus. On leur a dit d’acheter cette machine.</p>

<p>Et puis ils peuvent même pas… Il n’y a même pas de logiciel pour écrire, y a rien, tout est sur internet.
Sincèrement ça m’a horrifié. »</p>

<p>« Tout est chez Google. »</p>

<p>« Oui notamment. Je voulais pas le dire, mais effectivement c’était chez Google, c’est un chromebook. »</p>]]></content><author><name></name></author><summary type="html"><![CDATA[Issu de Faiseuses du Web n°2 en 2023, voici la retranscription du fish bowl Numérique &amp; écologie]]></summary></entry><entry><title type="html">[Traces] Numérique et mouvements sociaux : À quel point les collectifs militants peuvent-ils s’appuyer sur le numérique ?</title><link href="/2024/03/25/traces-numerique-et-mouvements-sociaux-a-quel-point-les-collectifs-militants-peuvent-ils-s'appuyer-sur-le-numerique.html" rel="alternate" type="text/html" title="[Traces] Numérique et mouvements sociaux : À quel point les collectifs militants peuvent-ils s’appuyer sur le numérique ?" /><published>2024-03-25T00:00:00+00:00</published><updated>2024-03-25T00:00:00+00:00</updated><id>/2024/03/25/%5Btraces%5D%20numerique%20et%20mouvements%20sociaux%20-%20a%20quel%20point%20les%20collectifs%20militants%20peuvent-ils%20s&apos;appuyer%20sur%20le%20numerique%20-</id><content type="html" xml:base="/2024/03/25/traces-numerique-et-mouvements-sociaux-a-quel-point-les-collectifs-militants-peuvent-ils-s&apos;appuyer-sur-le-numerique.html"><![CDATA[<p>Issu de Faiseuses du Web n°2 en 2023, voici la retranscription du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thode_du_bocal_%C3%A0_poissons">fish bowl</a> Numérique &amp; mouvements sociaux</p>

<p>Note : Le fish bowl ne donne pas une retranscription facile à s’approprier si vous n’étiez pas là pour voir toute la dimension informelle de l’évènement. Nous partageons tout de même la retranscription dans l’espoir que cela puisse vous servir néanmoins.</p>

<h2 id="introduction-de-viciss-hacking-social">Introduction de Viciss (<a href="https://www.hacking-social.com/">Hacking Social</a>)</h2>

<blockquote>
  <p>Bonjour à tous, déjà, si je ne vous ai pas dis bonjour.
Donc on m’avait convié ici pour discuter numériques et mouvements sociaux. Et plus précisément de à quel point les collectifs militants peuvent-ils s’appuyer sur le numérique ?</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Donc tout d’abord pour me présenter.
Je suis autrice sur le site Hacking social.
Et avec Chayka, on a la chaine Youtube Horizon Gull.
Et donc, nous, on fait de la vulgarisation, principalement de psychologie sociale, et c’est assez engagé.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Par le passé, on a été aussi militants, en syndicat, parmi des hackers, et aussi durant notre activité, dans le collectif “on vaut mieux que ça” durant la loi travail. C’était un collectif de youtubeurs qui s’est formé sur le tas on va dire, parce que ça a pris une ampleur qu’on n’imaginait pas,  qui était juste pour combattre la loi travail.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Et donc dans notre activité là actuellement, on est assez préoccupé·es par la question des autoritaires. Alors, qu’est-ce que j’entends par autoritaire ? C’est pas au sens commun, ni au sens extrêmement politique de “régime autoritaire”, mais une notion en psychologie sociale d’un profil particulier de personnes qui ont une propension à adhérer, à soutenir, voire à participer activement à des politiques fascistes. Avec plus ou moins d’engagement à ça. Donc, ça peut être juste du soutien.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Et donc c’est une notion en psychologie qui est mesurable, c’est une attitude qui est mesurable, qui se caractérise par la soumission à l’autorité, une agressivité autoritaire, un courant [nationaliste ???] et c’est dû à plein de facteurs. On ne naît pas comme ça. Il y a plein de facteurs sociaux et tout ça.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Et donc la particularité de ce sujet, c’est qu’ils sont extrêmement actifs sur internet. Depuis très longtemps et à plusieurs niveaux. On va dire, on a des initiatives personnelles, on va dire de personnes qui vont, par exemple, commenter fortement sur des sujets qu’ils n’aiment pas, qui défendent l’égalité, par exemple, qui vont être au taquet là-dessus. Mais ça peut être un autre niveau, un peu plus intense, avec la création de faux profils LGBT pour les ridiculiser, par exemple, avec des thèmes ridicules qui sont après repris par tout le monde et qui font comme une fausse preuve. Ca fait presque comme une création de fake news. Et il y a des gens presque seuls qui vont avoir ce genre d’initiative.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Puis après on un autre niveau qui va être le groupe politique, des identitaires par exemple, qui, eux, vont avoir un travail actif sur internet.
Par exemple, ils vont répertorier tous les faits divers qui impliquent des noirs ou des arabes et les monter en épingle pour prouver que il y a un problème avec eux.
Ils vont faire des faux profils, par exemple d’arabe, et dire des choses anti-françaises, pour montrer, pour fabriquer des preuves et des trucs comme ça. Ils vont aussi recruter. Leur technique, oui, c’était d’avoir un profil qu’ils maintienne et de créer plein, plein de faux profils aussi pour faire masse.
Et ça, on le voit, c’est une stratégie assez récurrente, avec des commentaires de masse comme ça qui arrivent, et c’est pas forcément plusieurs personnes, en fait, c’est peut-être une personne qui a plein de profils et qui les utilisent.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Et on a un autre niveau, encore plus… fou.
Là on pourra même plus parler de militantisme, qui est menée par des agences de communication telle que… vous avez peut-être entendu parler du scandale de Cambridge Analytica.
Donc qui avait été au service des républicains durant l’élection de Trump. Et ce qu’on on ne savait pas avant, c’est qu’il y a eu avant ça, il y a eu aussi une forte participation a créer l’alt-right.
À la stimuler et certains lanceurs d’alerte disent carrément que c’est à l’origine.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>On a aussi l’agence IRA, c’est Internet Research Agency, c’est une agence russe de troll. Donc, leur but au départ, c’était de rendre l’Amérique ingouvernable. Et donc ils ont utilisé uniquement internet. Ils ont des stratégies extrêmement fines, extrêmement bien pensées sur les réseaux sociaux. Et pour vous dire à quel point c’est allé loin, eux ils tablaient sur les 2 partis, un parti plutôt progressiste, et un parti plutôt extrême-droite, et donc ils faisaient les deux. Ils créent des faux profils et les nourrissaient pour que ça fasse bien en ligne et, par exemple, il y avait des fausses pages Black Lives Matter qui avaient plus d’abonnés que les vraies pages Black Lives Matters.
Et c’est allé loin, parce que ces pages là, ils organisaient aussi des événements. Donc, c’était mené par des russes qui organisaient des événements, mais il faisait aussi l’inverse avec l’extrême-droite, au même moment pour créer un chaos.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Et c’est une histoire assez folle. Ça paraît vraiment très complotiste quand je dis ça, mais en fait c’est très sourcé et on connaît le fin mot de l’histoire. Et justement durant la période de Trump, il y avait conjointement l’IRA et Cambridge Analytica qui finalement ont eu la même stratégie, allant dans le même sens.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Donc on a vraiment internet qui est un lieu de pouvoir, vraiment.
On pourrait être déprimé là quand je parle des autoritaires et dire vraiment qu’ils ont une main-mise et une connaissance stratégique des réseaux sociaux, de comment jouer avec tout ça, et ça peut être déprimant.
Mais si des agences type Cambridge Analytica, l’IRA et tout ça le font dans tous les sens aussi, ça montre que c’est un lieu qui compte.
Il y a vraiment quelque chose à jouer.
Les résultats sont pas forcément très visibles dans la réalité des choses, parce que ça se joue au niveau des idées.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Et un petit peu comme une sorte d’inconscient collectif, où des choses se jouent réellement et qui après se répercutent. Et donc moi je ne vois pas forcément de façon déprimante tout ceci parce que je me dis mais il y a tellement à jouer. Il y a tellement à jouer ici.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Et donc, après il y a aussi ce focus sur les autoritaires, je suis peut-être un petit peu biaisée, puisque je crée du contenu depuis 10 ans sur internet. Je parle des autoritaires, donc je les ai en face, qui viennent aussi qui menacent de mort ma communauté, etc,  entre autres choses joyeuses.
Donc j’ai peut-être un visuel un peu particulier.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Donc, la question que je pose c’est : “comment vous vivez ça, ce genre de mouvements sociaux ou même d’autres mouvements sociaux sur internet, et comment ça vous impacte, votre vécu là-dessus…”</p>
</blockquote>

<h2 id="échanges-des-participantes">Échanges des participant·es</h2>

<p>« Allez, je brise la glace.
Bah moi concrètement, c’est quelque chose qui me fout vraiment les jetons. Et une des questions toujours en toile de fond que j’ai jamais pris le temps de creuser c’est : “Ok, les autoritaires sont très forts sur les réseaux… C’est quoi le contre-pouvoir ? Est ce qu’il y a quelque chose qui existe en face ? C’est quoi les mouvements progressistes qui luttent contre ça, ou est-ce que c’est vain ? Et je me demande est-ce que ça vaut le coup ? Comment est-ce qu’on fait pour lutter contre ça ?”</p>

<p>Les questions derrière c’est : “à quel point c’est couteux en énergie, en personne, etc. Et à quel point ce que c’est pas d’une certaine façon s’avilir d’utiliser des techniques qui visent justement à décrédibiliser la parole d’autrui…” J’ai des mots moraux qui me viennent en tête, mais le côté vil, avilissant etc. à utiliser des armes de l’ennemi pour lutter contre l’ennemi à côté de moi. Est-ce que c’est vraiment la bonne façon de faire ? Sauf que je ne vois pas quelle est la bonne façon de faire. J’ai aucune idée là-dessus, et c’est ce qui fait que ça me déprime profondément. »</p>

<p>« Et moi ça me fait penser à… en décembre, j’ai participé à une petite conférence en ligne de Marie Peltier, qui est une personne qui parle de complotisme que moi je connais pas, mais en fait, en décembre, je crois qu’elle voulait faire un petit bilan progressiste de l’année, quelque chose comme ça. Comme j’étais très déprimée, je me suis dit : ça va être bien de parler de qu’est-ce qu’il y a de progressiste et donc d’enthousiasmant, et tout, bref… Elle faisait un bilan et notamment, elle parlait de l’arrivée de Musk à Twitter et des choses comme ça.</p>

<p>Et elle dit: “C’est fou qu’on ait eu comme ça des oeillères aussi longtemps sur le pouvoir que pouvait avoir quelqu’un au niveau technique afin de récupérer un réseau social et de faire switcher comme il voulait”.
Et moi dans le numérique libre avec Framasoft depuis des années,  je lui ai dit: mais enfin, qu’est-ce qu’on a raté ? Parce que nous on le dit depuis mais… depuis perpette quoi ! Elle dit “à gauche on a raté un truc”
Mais enfin il y a un groupe de gauche qui dit avec des warnings “Attention, Google n’est pas ton ami, les réseaux sociaux, c’est problématique et tout”. Et donc je me suis dit: mais mince, on sait, en tout cas moi je sais, mais visiblement, il y a un truc qui qui diffuse pas jusqu’à tout le camp des alliés pour dire : “ben fait non, là il y a des trucs problématiques qui se passent”
Et j’ai l’impression qu’avec les mouvements sociaux, ce truc d’autoritarisme, c’est pareil.</p>

<p>C’est-à-dire, dans les milieux progressistes de gauche, j’entends beaucoup, c’est pour ça que j’ai choisi le thème, des gens qui disent “Ah mais les réseaux sociaux, c’est vraiment super. Sans les réseaux sociaux, il aurait pas eu #MeToo, il n’y aurait pas eu les printemps arabes, il n’y aurait pas eu Black Lives Matter… C’est vraiment très important pour faire monter des sujets importants.”</p>

<p>Et à côté je vois la façon dont, par exemple, l’année dernière, en pleine période d’élection, l’extrême droite étaient au top pour faire monter ses sujets.
C’est totalement déprimant quoi et donc, je n’ai pas de réponse n’est-ce pas…
Mais vraiment je me suis dit: mais…
Moi ma réponse c’est de déserter les réseaux sociaux capitalistes, mais je ne dis pas que c’est une bonne réponse, mais j’ai l’impression qu’on lutte et qu’en fait ça sert à rien de lutter avec les outils du capital.</p>

<p>Parce que, du coup, il monte d’un cran, il y a Musk qui vient, il change l’algorithme, du coup t’es encore plus écrasé. Et toi, t’es là, tu dis: “Ah mais je vais lutter sur Twitter”, mais tu te fais démonter ça sert à rien quoi… Don pas enthousiaste de ouf sur la lutte en ligne, quoi… Ça c’est un peu chaud. »</p>

<p>« Moi j’ai une remarque personnelle sur ce que tu disais sur comment lutter contre ces choses là. Alors c’est très naïf et très sur mon ressenti mais je me dis que c’est intéressant aussi.
Je trouve qu’on est dans un moment assez particulier où il y a une certaine résistance face au gouvernement en ce moment.
Et j’ai remarqué quelque chose à mon niveau individuel que je trouvais très amusant. C’est que, pour la première fois depuis très longtemps, on a l’impression que c’est la gauche qui mène les débats et certaines questions.</p>

<p>Et à tel point que ça en a intégré des plateaux télé où certaines questions, comme les violences policières, par exemple…
Je sais que c’est un exemple un peu particulier, parce que tout le monde est pas tout à fait d’accord sur comment c’est traité… mais n’empêche que c’est un mot qui était banni des plateaux télé pendant très longtemps et qu’aujourd’hui la question est posée sur des trucs comme BFM TV, moi, ça m’a surpris au début.
Et je trouve que c’est allé tellement loin que aujourd’hui, moi, j’adore parler avec les petits vieux dans la rue, et aujourd’hui, généralement ils ont conscience de ces problèmes-là et pour moi, c’est 99% lié à internet.
Et du coup, je ne je ne saurais pas expliquer le pourquoi, le comment de qu’est-ce qui s’est passé, mais j’ai le sentiment qu’on est dans un mouvement un peu, peut-être, nouveau. Je ne sais pas ce que les gens ont compris certains leviers et ont réussi à appuyer sur le levier.</p>

<p>En tout cas j’ai pas l’impression que dans le mouvement qu’on vise actuel, les débats soient entièrement dominé par l’extrême-droite. »</p>

<p>« Donc, du coup, je voulais rebondir sur tes questions. Alors, du coup, prendre leurs méthodes… effectivement non.
Il y a une citation d’Audre Lorde que j’aime bien, c’est: “les outils du maître ne détruisent pas la maison du maître.”</p>

<p>Donc, les détruire, ça ne va pas marcher. Être agressifs, les harceler, les démolir, ça ne marchera pas, ça va les renforcer.
Ça, c’est un truc qui avait été étudié par Cambridge Analytica aussi, puisque c’est aussi un labo, et il voyait que ça ne faisait que renforcer même ça allait encore plus loin.
Un message tout simple “ne soyez pas racistes” augmentait leur racisme parce qu’ils se sentaient attaqués dans leur identité sociale d’américain moyen. Donc on ne peut pas utiliser les mêmes outils, les copier. Et là ça demande de la créativité.</p>

<p>Nous on a l’habitude d’interagir beaucoup avec eux à la suite de nos vidéos.
Et on le fait très simplement, en parlant de leurs émotions, en s’intéressant vraiment à eux. Moi j’ai des techniques que j’appelle de la “compassion ferme”.
Par exemple, une personne disait des propos supers racistes sur les noirs, dans le métro, et qu’il en avait marre, tout ça. Et je dis: “oui, je vois, t’en as marre de ton boulot, c’est dur, tu souffres, là t’es dans le métro, à 6h du mat’, ça craint… Eux aussi, ils le sont, ils sont avec toi, ils sont comme toi. Donc tu arrêtes là avec ton racisme.”
Et qu’est ce qu’il a fait, qu’est ce qu’il a répondu ? “Ah merci, merci.”</p>

<p>Donc on a des réactions très étonnantes, comme ça, mais il faut pas aller dans… c’est toute une chimie, toute une dynamique. Il faut prendre le contre-pied. Généralement, ils acceptent la compassion, qu’on les plaigne, qu’on se mette à leur place, qu’on les comprend… et, à partir de là, une fois qu’on a montré la compréhension, là on reste ferme sur des principes.</p>

<p>Et on essaye de leur faire ce qu’on appelle de l’empathie cognitive, c’est prendre la perspective de l’autre, pas forcément ressentir, c’est pas l’empathie affective où on ressent directement la souffrance, mais juste imaginer.</p>

<p>On place le truc comme ça et des fois ça marche ces interactions. Après ça dépend, comme tout.</p>

<p>Il y avait autre chose que tu disais : qu’est ce qu’il y a comme contre-pouvoir, comme mouvement inverse ? Je dirais qu’il y en a des tas, dans le sens où tous les mouvements qui sont contre les discriminations représentent un contre-pouvoir.
Et ça, c’est vraiment intéressant, je trouve, c’est qu’il y a plein… je vois des mouvements antiracistes, des mouvements pour les droits et libertés, des mouvements plutôt anarchistes on va dire.</p>

<p>Tous ces mouvements-là ont en fait le même ennemi, le même problème. Quand je dis ennemi, c’est pas la personne autoritaire, mais c’est ce qu’elle porte, c’est l’autoritarisme qu’elle a en sac à dos qui est le problème. Et donc promouvoir des valeurs inverses, c’est un contre-pouvoir.</p>

<p>Je dirais qu’il y a une petite astuce de hack à faire aussi, c’est : faut pas hésiter à reprendre leurs thèmes. Par exemple, je connais un collègue qui fait des sorties patriotiques. Il sait très bien que c’est que ça leur plaît. La france, c’est formidable, la france, et tout ça et là, on appuie sur des thématiques ouvertes.
La France qui est formidable à se lier contre les pouvoirs dominants, des choses comme ça il y a plein de choses à jouer en jouant avec leurs thèmes, comme ça généralement, ils sont un peu surpris, ou ils vont écouter plus, parce qu’il y a ce truc-là.
Donc voilà un petit peu. »</p>

<p>« Ça me fait aussi réagir, penser à autre chose…
Une des spécificités quand on est sur internet, typiquement les réseaux sociaux, pour moi, c’est que c’est pas juste que tu parles avec quelqu’un dans la rue, quelqu’un d’autoritaire que t’essayes de convaincre, mais par contre, quelque chose qui m’intéresse plus, c’est des gens qui discutent face à d’autres gens sur les réseaux sociaux.
Moi, ça m’arrive souvent de… c’est faux, je discute peu, je suis une grosse lectrice, mais j’échange peu, parce que je vois quel coup ça peut avoir en termes d’énergie.
Et mon énergie je la place sur autre chose, enfin bref. Mais par contre j’adore voir les discussions, voir aussi les arguments des uns et des autres.
Et c’est plutôt dans la vie réelle, je m’emmerderai jamais à discuter avec quelqu’un que je vois avoir des idées diamétralement opposées à moi, et on va toutes les deux rester campés sur nos positions. Par contre, le faire en public, et là je m’adresse à la personne en face de moi, mais en vérité, je parle à toutes les personnes qui sont autour.</p>

<p>Et je ne sais pas si il y a aussi ça sur les réseaux sociaux. Je ne vais pas que parler à la personne avec laquelle tu discutes, mais limite tu parles autant, voire plus.
Moi, je vois plus d’intérêt à ça, à parler aux gens qui sont susceptibles d’écouter et de lire à côté quoi. Pour éviter qu’ils basculent. »</p>

<p>« Pour revenir sur une question d’avant, qui disait aussi que les thèmes de gauche étaient assez mis en avant. Effectivement, moi, je vois ça sur internet aussi, après moi, là aussi, je ne sais pas si c’est ma bulle de filtre ou pas…
Mais sur, par exemple les droits LGBT, qui sont beaucoup discutés.
Mais ce qui est étonnant, c’est que cette mise en avant aussi fait un phénomène de backlash. Je crois que c’est le terme qu’on emploie.
Il y a un retour de bâton, disons que ces thèmes là intéressent tout autant les autoritaires qui vont le dénoncer. Et là, on a vraiment une sorte de combat idéologique entre, s’il faut plus de droits pour tout le monde à égalité, et de l’autre, non, vous, vous n’avez pas le droit, vous, vous êtes dégénérés, dégagez, ça n’existe pas…</p>

<p>Et donc il y a vraiment, je pense, c’est vrai qu’il y a des thèmes de gauche, mais aussitôt ça fait aussi mettre en valeur les autoritaires qui vont être très violents.
On a tous vu ça aussi durant le mariage pour tous, où bon, c’était une avancée sociale, mais très amère dans le sens où on a vu aussi des groupes très autoritaires être vraiment violents envers les gens, et tout ça, et dans les mouvements sociaux il y a toujours un peu cette amertume… Quand je voyais aussi le mouvement des droits civiques, quand on lit les écrits de Martin Luther King ou Rosa Parks et tout ça… Dans le moment historique ils sont très amers.  Pourtant, ils avancent. Ils ont fait des avancées dans leur temps.</p>

<p>Mais parce que il y a ce backlash. Il y a un truc qui avance, un droit qui avance, et la violence pour qu’il y ai un statu quo et que ça n’évolue pas est à la hauteur de l’avancée.
Donc plus il y a une avancée, plus la réponse violente sera là.
C’est terrible quoi, c’est terrible, et je me rappelle sur le mouvement des droits civiques, donc leur action c’était de s’installer juste dans des restaurants où des afro-américains s’installaient là parce qu’ils n’avaient pas le droit.
Et là, violence policière à fond, ils se faisaient emprisonner…
Bon, est-ce que ça vaut le coup que j’aille m’asseoir dans le restaurant ? Pourquoi, avec toute la violence qu’on a en face ? Et c’est triste, on ne peut que les comprendre dans le moment.</p>

<p>Et peut-être prendre un peu de recul aussi, dans le sens où la violence c’est qu’il y a aussi un mouvement autre qui fait… Mais bon, y a quand même des signes inquiétants, moi il y a des choses qui m’inquiètent vraiment beaucoup sur l’autoritarisme.</p>

<p>Généralement, il y a des valeurs communes pour tout le monde, à droite comme gauche, de pro-socialité : on s’occupe des gens un minimum, on les tue pas, des trucs comme ça, ou l’aide à autrui, c’est quelque chose, c’est une valeur qu’il y aura à droite aussi, même à l’extrême droite de s’occuper de son prochain tout savoir.
A partir du moment où on a des signes où l’aide, ou des ONG, des associations sont empêchées d’aider par la loi, tapées dessus… Il y a un gros problème.</p>

<p>Là, on a atteint un niveau d’autoritarisme, qui n’est plus quelque chose de militant mais qui a commencé à atteindre les sphères de pouvoir.</p>

<p>Et là, une des solutions que je vois… Plus le pouvoir va devenir autoritaire, plus va falloir être sournois.
Il va falloir cacher les actions, mais continuer à les faire et de plus belle aussi, et d’aider vraiment les valeurs contre autoritaire, d’aide à autrui, à tout le monde… »</p>

<p>« Je n’ai pas compris ton mot. Tu as dit: il va falloir être… »</p>

<p>« ”Sournois”. Sournois, c’est-à-dire faire les choses secrètement, alors… Ça peut paraître contre-intuitif quand on parle de numérique, justement parce que le numérique - les réseaux sociaux surtout - fonctionne beaucoup avec la popularité et les gens vont vouloir gagner des abonnés et ça, c’est une réussite. Il y a beaucoup, ça dans les mouvements sociaux. Moi, à l’époque des syndicats, c’était beaucoup être dans les médias “Ah super, on est interviewé, on gagne de la notoriété, tout ça.”
Pour moi, c’est pas un indicateur de pouvoir changer les situations.
Le pouvoir il se fait aussi dans l’ombre et on voit ça dans les mouvements résistants de la seconde guerre, mais on le voit aussi dans le renseignement qui ne se repose que sur ça. Qui joue sur le secret, sur les infiltrations dans les mouvements.
Et donc ça, c’est une sphère qu’il faut pas oublier, une sphère d’activité qui est l’ombre, et qui peut être extrêmement puissante. »</p>

<p>« [Prise de parole non enregistrée] »</p>

<p>« On vient de dénoncer le fait que Hugo Clément est passé à une conférence organisée par Valeurs actuelles, où il a échangé avec Jordan Bardella. C’est un grand plaisir de voir ces extraits.
Sur le concept de l’écologie, où il a dit que pour lui, par exemple, la réussite de l’écologie se sera quand ce sera plus ni de droite ni de gauche, mais que tout le monde aura compris que c’est un enjeu de survie.
Du coup pour passer du côté optimiste de la chose, une réponse d’une journaliste de Blast Paloma Moritz qui a fait une émission sur le sujet, et j’aime beaucoup ce média qui fait des super vidéos et Paloma Moritz est vraiment géniale et, par exemple, elle dit : “mais en fait, l’enjeu de l’écologie, c’est la survie humaine. Donc, l’enjeu de l’extrême droite si jamais c’est la survie que de certains types d’humains, ça n’est pas intéressant”. Et je trouve que c’est ça qui est vraiment intéressant parce que dans les milieux écologistes j’entends des personnes qui disent: “ah, mais on n’arrive à rien, c’est trop long, il faudrait quelqu’un qui prenne les décisions, et qui dise : “on y va” et comme ça on avancerait beaucoup plus vite.
Et donc, c’est cette tendance un peu à… ça serait tellement plus facile si jamais il y avait une personne autoritaire qui disait demain: “ok, c’est bon, on y va tous, c’est parti” et que ça se fasse.</p>

<p>Et donc même dans les milieux de gauche il y a des personnes comme ça qui ont tendance à dire “ah si c’était un peu plus autoritaire, au moins, on avancerait, tandis qu’on n’avance pas.”
Et ce que j’aime bien du coup, pour prendre le truc à rebours, c’est de dire : mais non, dans nos milieux de gauche, il faut qu’on tienne le fait que l’important, c’est les humains, c’est pas la planète, puisque la planète elle s’en branle. Et du coup, comment est-ce qu’on fait pour que tous les humains, ensemble, ils puissent vivre de façon apaisée, malgré ce qui va se passer, et c’est en y annonce ensemble qu’on va y arriver. Pas avec une personne qui va prendre la décision pour tout le monde parce que, et là c’est facile de récupérer la situation actuelle, tu dis “parce qu’on voit bien que ça ne marche pas”. Actuellement, ça marche pas. Pourquoi ça marcherait pour l’écologie ?
Et c’est là, je trouve où c’est intéressant, et donc ce que j’aime bien avec le fait que Hugo Clément y soit allé à Valeurs Actuelles, c’est que ça clarifie un peu. Je trouve que là, on commence à avoir des réponses à de gens écologistes qui disent : “en fait, oui, on a un petit oui, ça serait bien un peu d’autoritarisme”. Non, non, en fait l’écologie, si jamais y a pas le social dedans ça ne sert à rien. »</p>

<p>« Je rebondis sur ce que tu as dit, c’est très intéressant, sur le besoin de contrôle qui amène un autoritarisme. Ça explique beaucoup les causes, pourquoi les profils autoritaires le sont. S’est qu’il y a un besoin de contrôle, un besoin d’ordre.
Et ce qu’ont vu les chercheurs, c’est que l’autoritarisme, effectivement, monte en flèche quand il y a des crises.
Des chercheurs ont fait passer plein plein d’études durant le covid, d’échelles qui mesurent l’autoritarisme, parce qu’ils savaient, ils savaient que ça allait monter en flèche.
Donc, il y a vraiment… en plus la situation du covid était vraiment…
avait tous les éléments pour faire augmenter l’autoritarisme : Elle était incertaine. On savait rien sur la maladie. On était confinés, donc privés de pouvoir et sans savoir quoi faire… donc c’était évident que, à terme, ça allait augmenter. À moins d’une restauration.</p>

<p>Et l’autre point que tu évoquais sur… l’extrême-droite qui noyaute les thématiques. Alors ça, c’est une grande stratégie je dirais, ça va même au-delà des autoritaires. On le voit dans plein de domaines plus néolibéraux on va dire…
Là, récemment, je voyais Thaïs d’Escufon, donc une identitaire qui a fait des vidéos sur le QI, sur la personnalité, où elle disait, pour justifier le sexisme, le fait que les femmes aient moins de prix Nobel, parce que la distribution des QI en général…
Et donc ils aiment bien prendre des thèmes comme ça, là un de leur nouveau truc aussi c’est de prendre de la science, donc là, c’est de la psycho, et d’enlever tout ce qui ne leur plaît pas et de résumer comme ça. Et donc faut se méfier aussi avec le discours type esprit critique, esprit zététique… qui se dit pas du tout militant politique et qui l’est très fortement.
Parce qu’ils prennent des sujets de science et des fois retournent carrément les conclusions. Ça n’a rien à voir avec le papier, j’ai vu ça. Des fois ils prennent juste une toute petite partie, mais ils voient pas tout le corpus qu’il y a autour.
Il y a à se méfier de ça aussi, d’un discours qui peut paraître très intelligent, avec des sources et tout ça, et en fait, on est complètement dans des fins idéologiques et des méthodes anti-scientifiques, dans le sens où ils coupent tout. »</p>

<p>« Je vais essayer de revenir sur ce que tu disais.
La notion de de reprendre les sujets, etc. Bien sûr c’est quelque chose de vu, de même plutôt digéré, je pense.
Sauf quand elle prend une posture scientifique.
Et là, le dernier exemple que j’ai en tête, c’est une conférence d’Étienne Klein qui, mardi dernier, est venu à l’espace des sciences de Rennes où, en fait, il répond à une question en expliquant une de ses anecdotes.
Et il dit qu’il était à une marche pour le climat, et il y rencontre quelques jeunes, autour de la vingtaine en fait, et il était étonné par leur faculté à alerter, discuter, avoir une parole qui est construite, qui fait sens, etc.
Donc, il leur dit: mais en fait, c’est hyper intéressant, venez je vous paye un café.
Euh chouette, ok on y va, intéressés par la discussion ils poursuivent dans le café.
Et en fait il commence à leur expliquer, par exemple, que peut-être qu’il y a des sujets qu’ils mettent en avant qui sont pas tout à fait juste, comme par exemple le fait de prendre la l’échelle de température en degrés Celsius. Non, il faudrait prendre des Fahrenheit, parce que du coup, en pourcentage sur des Celsius ça a rien à voir avec des Fahrenheit,
Pour faire court, il va prendre différents arguments complètements pétés et climato-sceptique, comme celui-là puisque peu importe l’échelle, en fait.</p>

<p>Et du coup, il a vu le doute et il a vu qu’il était en train de les retourner.
Et c’était pour les questionner après, évidemment, c’était une démonstration, mais son alerte là, puisqu’il en parlait à la conférence dans ce sens-là et c’est pour ça que j’ai raconté cette anecdote… c’était vraiment l’idée de dire : ok, vous pouvez être militant, mais plus vous allez militer, plus il faut être profondément informés parce que c’est cette information-là qui va éviter qu’on vous retourne, parce que des bons militants qu’on retourne, en fait, c’est des super outils.
Et là c’est un scientifique lui-même qui le dit et je pense que c’était des discussions sur la vulgarisation scientifique et le fait qu’il y a des aspects très positifs et très négatifs, même du point de vue de la science et ça ouvrait vchement… la conférence était vachement intéressante.</p>

<p>En tout cas cette anecdote elle m’a questionnée. C’est-à-dire que, effectivement, ça arrive souvent qu’à un repas de famille, on se dise : “ok, mais alors toi, qu’est-ce que t’en penses ?”, on a tous un avis. Et puis après, “oui, mais” et là quelqu’un sort un argument, et les autres peuvent même plus répondre, parce qu’en fait il y avait un argument.</p>

<p>et il prend l’exemple des platistes en disant : “Finalement, il y a plein d’arguments de platistes. Mais si on sait plus comment est-ce qu’on a découvert que la terre était ronde…”
Il suffit simplement de savoir ça. Comment est-ce qu’on sait ? Et à ce moment-là, on peut remettre les choses dans leur contexte. Sinon, c’est vraiment difficile, on n’a plus de billes, et c’est là qu’est le danger. »</p>

<p>« Je trouve que ton point, il est vraiment intéressant, mais moi, je vois le penchant en face, qui est de dire : mais on ne peut pas être connaisseur de tout.
Et là, ce que j’aime bien moi, c’est de dire que tu as une connaissance un peu générale sur plein de sujets, et que, ensuite, il y a aussi où tu vas chercher l’information, quelles sont tes sources de confiance ?
Ou comment, quand on te pose une question à laquelle tu ne sais pas répondre ou un faux argument, tu arrives à sentir que le truc il est foireux.
Et après, si t’as pas les argumentaires, moi ce que j’aime bien dire c’est : attends, là ça me semble quand même bizarre pour telle ou  telle raison, et peut-être, du coup, t’instille le doute dans les personnes qui écoutent autour, bien sûr pas chez la personne en face qui est sûre d’elle.
Et après tu dis : je vais aller me renseigner, et puis tu peux revenir en disant : “Mais en fait ce que tu dis c’est pas ok pour telle et telle raison.”</p>

<p>Je disais ça parce que, on ne peut pas tout savoir et de dire aux gens, “mais il faudra être au taquet sur tout pour pouvoir monter au créneau peu importe ce qu’on vous dit” ça me semble une charge de travail trop grande. Et à un moment, moi aussi ce que j’aime bien, c’est : “en fait, j’ai pas besoin… moi, je serai jamais scientifique et à un moment, je n’ai pas besoin de savoir… en Celsius ou Fahrenheit à quelqu’un qui vient dire “ah nan votre échelle n’est pas bonne, ce que vous dites, c’est pas juste”… À un moment…
C’est bizarre ce que tu me dis, t’essaie de m’entourlouper, j’ai 5 sources de confiance qui disent la même chose. Toi, je ne sais pas si tu es de confiance ou pas et donc, du coup, je peux pas te faire confiance comme ça.
Donc, peut-être que moi, je peux devenir la source de confiance des autres, parce que j’en ai 5 autres…
Et on peut faire des pyramides comme ça, une relation de confiance par proxy. »</p>

<p>« Tu parlais d’être bon sur tous les sujets sur lesquels on est militant… Je pense qu’il ne faut pas être bon sur tout mais de vraiment se renseigner sur le sujet de militance pour éviter d’être retourné. »</p>

<p>« Je rejoins les deux points de vue en même temps.
Alors, d’un côté, effectivement, l’information, c’est le pouvoir, ça c’est vraiment le truc… je le dis tout le temps, à quel point ça peut être vrai. Mais l’information on a trop tendance à voir que c’est l’information rationnelle, on va dire: les arguments, ce qui est dit, le contenu, et tout ça.
Il y a le pouvoir, l’information est pas forcément sur les arguments
Disons que, dans une discussion, c’est pas un argument contre argument qui va marcher avec un autoritaire. Je dis pas avec une personne qui est non autoritaire, et tout ça.
Parce que eux, ils s’en fichent de la vérité, ils veulent avoir un effet sur les personnes. J’ai un exemple assez concret récemment c’est un collègue youtubeur, nota bene,
qui est souvent visé par les autoritaires aussi.
Et là, le dernier scandale, c’est qu’il a été accusé par les autoritaires de bénéficier de …je ne suis plus… de centaines de milliers d’euros de soutien de la part de la ville, qu’il était complètement acheté tout ça. Donc, il a débunké ça en vidéo rapidement, il a dit “non, vous vous trompez, c’est “Nota bene” la pizzeria.”
Il y a plein de collectifs “Nota bene”, dont des pizzerias. Il disait qu’il avait pas reçu cet argent, et puis bon, je fais de la vidéo, c’est extrêmement coûteux. Si j’avais eu cette subvention, ça n’aurait pas été inutile. C’est extrêmement coûteux, un tournage et tout ça.</p>

<p>Et ce qui était intéressant, c’était dans les commentaires autoritaire de personnes que je connais très bien comme autoritaires.
C’est : “mais oui, mais tu l’as bien mérité. Tu l’as bien mérité, tu l’as cherché.”
En fait, peu importe la vérité, tout ce qu’ils veulent, c’est ennuyer la personne en face. Donc un autoritaire, il va chercher vraiment à détruire, et qu’importe la vérité. C’est hallucinant, c’est vraiment… ils s’en fichent, ils veulent provoquer des effets sur l’autre.</p>

<p>Et on voit ça même à haut niveau : Arron Banks, en angleterre, donc plus extrême droite et tout ça, et qui était pour le Brexit.
Il disait, pour ses méthodes, et tout bon… On prend une news, par exemple ils avaient pris une scène de violence dans un métro, mais ça s’est passé dans une révolution, dans je ne sais quel pays. Il a fait croire que ça c’était passé en Allemagne, en Angleterre, quoi que c’était à leur porte, et donc, il dit “Oh nous on a appris ça”. Le truc, la stratégie, c’est : vous foutez des flammes dans les réseaux sociaux, des choses qui énervent bien, et vous passez un gros ventilateur dessus et que ça enflamme tout et que ça se propage. Ils s’en fichent de la vérité. Donc, face aux autoritaires, l’information qui est très précieuse, c’est de les comprendre psychologiquement, leurs motivations, et quand quelqu’un commence à rapporter des fake news et tout ça, dans le monde réel, comme ça, essayez de deviner en posant des questions : “Ah ouais, donc du coup ça t’inquiète beaucoup cette nouvelle ? Tu es très inquiet, ça t’angoisse, par rapport à ça ?”
Donc, on essaye de trouver les émotions, et les motivations et pourquoi ça le motive cette idée-là et pourquoi ceci… et on essaye de comprendre la psychologie, qu’est ce qui se joue, pourquoi ces motivations ?
Et je dis pas ça pour forcément hacker la discussion. C’est parce que généralement, les profils autoritaires,
sont en stress. Ils ont un stress, ils sont en insécurité.
Dans leurs relations sociales, dans toutes sortes de choses. J’ai eu des proches comme ça, qui ont des sortes de crises de fascisme.</p>

<p>Ils sont progressistes, progressistes de gauche la majorité du temps et d’un coup : crise de fascisme. “Ah les migrants, c’est fou, y a personne qui meurt de toute façon…”, et ça part comme ça, et donc, pas forcément sur le moment, mais à chaque fois quand je creuse, ben cette personne-là, par exemple, avait eu sa crise de fascisme parce qu’elle a vu un accident très grave de la route avec des morts.</p>

<p>Mais, pour bien la connaître, je sais que c’est impensable pour elle de se dire : “Ah, j’ai été choquée par cet accident”. Elle va projeter sur un autre thème. Donc, elle va dans le mouvement où les gens s’énervent, pour une sorte de défouloir un peu.
Pour pas penser à ça. Parce qu’elle ne peut pas penser son traumatisme, pas penser… les autoritaires ont cette difficulté avec les émotions. Ça a été même vu à l’IRM dans des recherches scientifiques, où on voit que, face à une émotion, pof ils suppriment, suppriment et essaient de faire autre chose.
Ils suppriment et c’est pas bon du tout, parce que les émotions, c’est pas comme ça qu’on les gère. Les émotions, pour bien les gérer, en fait, on reste là, on dit “Oh j’en ai marre d’être confiné, je me sens sans pouvoir”, enfin, on vit le truc et comme ça on les traite, on se dit “bon après je sortirai, ça ira mieux…”</p>

<p>Et ils ont du mal avec ça. Donc, du coup, dans la discussion, moi d’aller trouver de l’information sur leur état psychologique ça peut marcher. J’ai eu des autoritaires, une collègue de travail aussi. C’était horrible, elle était super raciste. J’étais 20 heures avec elle par semaine.</p>

<p>Et, par exemple, j’écoutais un moment Skyrock dans une pièce à côté, elle arrive, elle éteint le truc, “Ah putain de musique de n<em>**</em>” … que ça, que ça, que ça. Et donc moi,
j’ignorais, j’ignorais, et puis après j’ai compris qu’elle était tétanisée de se retrouver au chômage. Elle avait peur, elle était aussi…elle voulait sortir avec quelqu’un, mais cette personne ne voulait pas, donc du coup ça l’a stressée.
Et voilà il y avait d’autres problèmes. Et après, quand on arrive là et qu’on parle avec eux des vrais problèmes qui les affectent, il y a beaucoup à dire. »</p>

<p>« Moi, il y avait deux choses. J’ai trouvé un truc intéressant tout à l’heure quand tu parlais de ce qui s’est passé… que ça fait des années avec Framasoft qu’on dit qu’il y a des problèmes avec les GAFAM</p>

<p>Et donc qu’est-ce qu’on a mal fait ? Qu’est-ce qui s’est passé ?</p>

<p>Je réfléchissait un peu à ça.
Je me demande, j’étais en train de voir c’est quoi mon analyse du truc et vraiment le discours que j’avais par rapport à ça et j’ai l’impression que, finalement, pour moi peut-être, j’ai l’impression d’avoir axé beaucoup ça autour de la protection de la vie privée, mes données personnelles, etc. Et je me pose la question, si justement peut-être, je crois que pour moi c’est devenu le truc plus important, peut-être en oubliant, en éclipsant en fait les enjeux de pouvoir, et ce qu’on a vu avec le rachat par Elon Musk et puis la transformation de Twitter.
Parce qu’on l’imaginait, mais moi je n’imaginais jamais que ça serait comme ça. C’était le pire scénario possible. Quand je vois le truc, je n’y croyais pas. Vraiment je n’y croyais pas.
Voilà, je ne sais pas, c’était un élément.</p>

<p>Et puis autre chose qui est un peu, j’ai l’impression, qui est en discussion là, c’est le rapport, parce qu’on parlait de Marie Peltier et du rapport au conspirationnisme, au confusionnisme, etc. Et en fait un truc que je trouvais intéressant, que je n’avais pas trop saisi…
En fait, je n’avais pas trop saisi que les objectifs qui étaient mis en place par beaucoup de médias, la désinformation en fait je croyais que c’était avoir un discours très net, très précis, avec des idées qui infusent dans la société, etc.
Et justement là j’écoutai il y a pas longtemps Marie Peltier, elle disait quelque chose qui m’a marqué, qui est que, en fait, c’est pas ça. C’est juste instiller le doute, le poison du doute.
De plus savoir ce qui est vrai et ce qui est pas vrai, et du coup, ça suffit de dire “je peux tout dire et en fait, on va faire douter les gens”. Dans une discussion, on va dire, plutôt logique, où on s’appuie sur des faits scientifiques, etc. Je me demande si, justement le fait est que si on doute de soi, etc. En fait, c’est des techniques de manipulation finalement, qui ont lieu à l’échelle des médias sociaux.</p>

<p>Ça me fait penser en fait aux chartes de modération etc, ce qui a lieu sur des médias sociaux, comme sur Mastodon.
Et on voit qu’il y a plein d’endroits où ça arrive en disant “Non mais c’est important de pas contrôler ce qui va se dire” comme si c’était normal de pouvoir dire tout et n’importe quoi.
Je le dis en tout cas dans les outils qu’on crée, qu’on utilise peut-être ces trucs-là, qui soient des outils à garder, je pense. »</p>

<p>« Sur la question des complots.
Là il y avait des recherches qui étaient assez intéressantes sur Cambridge Analytica, qui justement pratiquait ça aussi de partager des news, vraiment des fake news complétement fausses, ou un peu complotistes, puis de passer le ventilateur dessus sur les réseaux sociaux.
Débunker ça ne sert à rien.
C’est trop tard.
Généralement le mal est fait.
Ça ne sert absolument à rien.
Pour les raisons que je vous disais avant, de toute façon,
ils veulent punir les gens, ils veulent se déchaîner, et donc, ça marche pas. Par contre, ce qui marche, c’est le prébunking. Alors le prébunking, c’est : on apprend aux personnes de façon neutre, c’est-à-dire sans contenu politique, par exemple, quelles sont les stratégies de manipulation, comment ça fonctionne, comment on lutte.
On peut utiliser l’émotion pour faire perdre un peu l’esprit critique et tout ça. Et d’apprendre les mécanismes comme ça, le pourquoi du comment, ça a de meilleurs effets pour résister après aux fake news. Donc ça, c’est une solution qui est possible.</p>

<p>Et sur les réseaux sociaux, il y a un truc qui se fait tout simple. J’ai déjà vu ça sur des interfaces comme ça : on demande : “Êtes-vous bien sûr de vouloir poster ceci ?”</p>

<p>On peut voir avec des timers et tu sais si la personne partage trop vite quelque chose ou s’énerve.
Techniquement, il y a des solutions à avoir là-dessus pour ralentir le processus. Rendre un peu plus compliqué aussi le fait de balancer des infos. Ça peut, ça peut aider. »</p>]]></content><author><name></name></author><summary type="html"><![CDATA[Issu de Faiseuses du Web n°2 en 2023, voici la retranscription du fish bowl Numérique &amp; mouvements sociaux]]></summary></entry><entry><title type="html">[Traces] Numérique et services publics : Quelles marges de manœuvres pour les publics délaissés ?</title><link href="/2024/03/25/traces-numerique-et-services-publics-quelles-marges-de-man%C5%93uvres-pour-les-publics-delaisses.html" rel="alternate" type="text/html" title="[Traces] Numérique et services publics : Quelles marges de manœuvres pour les publics délaissés ?" /><published>2024-03-25T00:00:00+00:00</published><updated>2024-03-25T00:00:00+00:00</updated><id>/2024/03/25/%5Btraces%5D%20numerique%20et%20services%20publics%20-%20quelles%20marges%20de%20man%C5%93uvres%20pour%20les%20publics%20delaisses%20-</id><content type="html" xml:base="/2024/03/25/traces-numerique-et-services-publics-quelles-marges-de-man%C5%93uvres-pour-les-publics-delaisses.html"><![CDATA[<p>Issu de Faiseuses du Web n°2 en 2023, voici la retranscription du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thode_du_bocal_%C3%A0_poissons">fish bowl</a> Numérique &amp; services publics.</p>

<p>Note : Le fish bowl ne donne pas une retranscription facile à s’approprier si vous n’étiez pas là pour voir toute la dimension informelle de l’évènement. Nous partageons tout de même la retranscription dans l’espoir que cela puisse vous servir néanmoins.</p>

<p>Note 2 : L’enregistrement était de très mauvaise qualité, la retranscription n’est peut-être pas parfaitement fidèle à certains endroits, désolée d’avance…</p>

<h2 id="introduction-de-julie-brillet">Introduction de Julie Brillet</h2>

<blockquote>
  <p>Je m’appelle Julie et je travaille pour une coopérative qui s’appelle l’Etabli numérique. Nous sommes une coopérative d’education populaire qui s’intéresse aux enjeux politiques du numérique. Avant ça, j’ai été bibliothécaire une quinzaine d’années. Aujourd’hui, on m’a donné 10 minutes pour vous parler du numérique et des services publics, et pour cela, je me suis demandée ce qu’on pourrait imaginer comme service public numérique idéal. En miroir, cette question permettra de pouvoir faire un état des lieux d’où on en est en 2023 en France.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Première chose : si j’imaginais un service public numérique idéal, il ne serait pas un passage obligé pour faire ses démarches en ligne, puisque même si le numérique rend les choses plus simples pour une partie de la population, pour une autre, ça se traduit par un véritable recul dans l’accès aux droits. On aurait maintenu de nombreux points d’accueils en physique (qui ne nécessitent pas de prendre rendez-vous en ligne), des standards téléphoniques qui permettent d’avoir au bout du fil un·e humain·e et pas un répondeur qui vous fait tourner en boucle et vous raccroche au nez. Ainsi, on pourrait avoir le choix pour faire sa démarche de façon autonome. La défenseure des droits a publié deux rapports très intéressants sur la dématérialisation des démarches administratives, en <a href="https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/rapports/2019/01/dematerialisation-et-inegalites-dacces-aux-services-publics">2019</a> et en <a href="https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/atoms/files/ddd_rapport-dematerialisation-2022_20220307.pdf">2022</a> et cela fait partie des préconisations qu’elle défend.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Concrètement, l’obligation de passer par le numérique pour avoir accès aux droits impose plusieurs choses : avoir accès à du matériel, à une connexion de qualité suffisante et avoir suffisamment de compétences numériques pour pouvoir faire la démarche. En ce qui concerne ces compétences, on entend beaucoup parler d’illectronisme (le manque ou l’absence de compétences numériques) et toutes les études sur le sujet montrent que ce n’est pas marginal (“Une personne sur six n’utilise pas Internet, plus d’un usager sur trois manque de compétences numériques de base” selon <a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/4241397">l’INSEE en 2019</a>) et que cela touche plus particulièrement des populations déjà fragilisées (plus de 70 ans, personnes aux plus faibles revenus ou plus faibles niveaux de diplômes). En d’autres termes, le numérique obligatoire dans l’accès aux droits renforce des inégalités préexistantes.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Dans le rapport du défenseur des droits de 2019, deux catégories de la population sont décrites comme complètement exclues : les personnes handicapées et les personnes en prison. En ce qui concerne la prison, je ne suis pas du tout experte du sujet et je me garderais bien de donner des préconisations sur le sujet (mais j’ai la sensation qu’interroger la prison elle-même plutôt que le numérique serait sans doute pertinent). En ce qui concerne les personnes handicapées, on pourrait imaginer un service public numérique à 100% accessible, c’est-à-dire par exemple utilisable par les personnes qui utilisent un lecteur d’écran. Julie Moynat, experte en accessibilité, a fait un audit et <a href="https://www.lalutineduweb.fr/pas-40-sites-demarches-publiques-accessibles/">elle indique qu’en 2022, sur 201 démarches administratives, 2 sont totalement accessibles</a>, alors que, rappelons-le, c’est une obligation légale.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>On pourrait imaginer aussi dans cet idéal qu’il y aurait une vraie politique durable de la médiation numérique. On confie encore trop régulièrement ces missions à des services civiques (qui, rappelons-le ne sont pas des contrats de travail), sous prétexte que les jeunes sont à l’aise avec le numérique et que ça coûte pas cher, ou bien à des conseillers numériques, programme lancé suite au plan de relance, des contrats de deux ans financés par l’Etat à la hauteur du SMIC. La semaine dernière a été annoncé la nouvelle feuille de route du gouvernement sur l’inclusion numérique, intitulée “France numérique ensemble”. Je n’ai pas eu le temps de m’y pencher, mais j’espère que cette dimension est prise en compte et qu’on propose aussi de ne pas limiter l’accompagnement au numérique aux démarches administratives.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>Enfin, on utiliserait l’innovation technique pour l’intérêt général, par exemple en créant des algorithmes qui permettent à des usager·es d’être au courant des prestations auxquelles iels peuvent prétendre et donc de limiter le non-recours. On pourrait même imaginer des sites avec les usager·es. Pour le moment, on a plutôt un algorithme utilisé par la CNAF qui permet de mettre une note aux dossiers des allocataires, mesurant le risque de fraude ou d’erreur. Plus la note est élevée, plus on pourra être facilement contrôlé·e. <a href="https://www.laquadrature.net/2022/10/19/caf-le-numerique-au-service-de-lexclusion-et-du-harcelement-des-plus-precaires/">La quadrature du net s’en est inquiétée</a>, notamment pour signaler que plus on est précaire, plus on peut avoir une note élevée.</p>
</blockquote>

<blockquote>
  <p>En conclusion, on voit que le numérique, c’est politique ! Pour moi, le numérique est utilisé au profit d’une politique qui détruit peu à peu les services publics, qui remplace les notions de solidarité par de “l’assistanat” et du contrôle, un progrès technologique vu comme inéluctable déconnecté du progrès social ou encore qui une vision validiste du handicap.</p>
</blockquote>

<h2 id="échanges-des-participantes">Échanges des participant·es</h2>

<p>« Donc, on vient de parler du fait que (c’est un truc dont je parle aussi dans ma conférence) qu’il y a des sites qui font exprès de pas mettre les moyens, voire d’être inaccessible pour des publics vraiment très précaires, notamment les personnes immigrées, on  peut parler des sites des préfectures qui font en sorte de… Alors, moi, dans ma peau, je dis qu’elles mettent des rendez-vous de façon aléatoire en ligne.</p>

<p>Parce que, à une époque, il y a des personnes qui réservait à la volée les rendez-vous pour ensuite les revendre à prix d’or. Donc, du coup, la réponse du gouvernement, c’est de mettre aléatoirement en ligne des rendez-vous. Comme ça, les hackers peuvent plus les réserver aléatoirement, plutôt que de mettre plus de rendez-vous. Mais bon, ça, c’est “il y a pas de moyens, vous comprenez ma pauvre dame” et il y a quelqu’un qui m’a dit en novembre qu’il y avait une asso — Ça fait écho au numérique souhaitable de julie — Une asso, une structure enfin bref des gens qui avaient fait, justement, un algo de détection de quel site de préfecture proposait quel rendez-vous à quelle fréquence. Et il a fait une sorte de carte de france comme ça. Et donc, si jamais vous avez besoin d’un rendez-vous un peu spécifique pour ta carte de séjour, ou que sais-je tu savais que, par exemple, à Toulouse, t’avais quasiment aucune chance, mais à Albi, peut-être que c’était plus facile, et donc j’ai trouvé ça chouette d’utiliser le numérique pour, en fait, on est même plus sur un truc plus souhaitable, on est sur un truc activiste de “Ok,
Ok, donc, vous faites les malins, vous essayez de mettre les gens de côté”, Comment est-ce qu’on peut essayer de récupérer ça pour dire, automatiquement on va faire une carte. On va dire: “ok, là, en fait, il y a beaucoup de rendez-vous, là il y en a pas du tout”. Donc, arrête de perdre ton énergie à te connecter sur le site de la préfecture de Toulouse, en fait ça sert à rien.
Et c’est vraiment chouette. C’est vraiment très énervant qu’on en arrive là, mais [il y a ce] numérique qui existe »</p>

<p>« Je reprend l’exemple de toulouse et albi. Moi, dans ma tête, j’ai l’impression qu’effectivement c’est une bonne solution, mais d’un autre côté, Albi se rend compte que quelqu’un de la région a peut-être fait un effort et du coup, c’est ok, (…) J’aurais peur que les demandes se re-répartissent sur des centres en particulier, et ça inverse que ce qui est prévu. »</p>

<p>« C’est sûr, ça fera l’effet l’inverse. Mais d’un autre côté, tu auras d’autres gens qui vont trouver une parade à ces effets inverses, et puis voilà, ça évolue comme ça, je pense. C’est dommage d’en arriver là mais il y a toujours des gens qui trouveront, ont trouvé des astuces pour contrer. »</p>

<p>« Quand tu disais qu’il fallait l’accès à l’administratif, le choix de son moyen (de contact), effectivement, parce que je pense qu’on peut dire aux gens: vous ne savez pas utiliser, vous pouvez aller à france services, mais il y a certaines personnes que ça peut rebuter de donner l’accès à son compte numérique, même si c’est un employé de l’état. Et ce qui est encore plus dur, si ce n’est pas un employé d’état comme toi tu étais… (…) Il y a certaines personnes qui n’ont pas envie, qui préfèrent le faire, en papier directement. »</p>

<p>« Moi il y a pas très longtemps, [j’ai fait le tour de France pour du maraichage] et j’ai vraiment pris conscience que pour trouver les maisons France services bah… Il faut avoir internet en fait ! » (rires)</p>

<p>(… mention de téléphone)</p>

<p>« Les mairies, se sont aperçues de la complexité de qui appeler, en fait, pour savoir où il y avait des maisons france services. Ils n’avaient même pas connaissance de ça. »</p>

<p>« En fait s’il était apte à utiliser le numérique mais pas le matériel, ça pouvait être autre chose que France service. »</p>

<p>« Je suis venu pare que ça fait un mois que je vis en camion, donc on est en plein dans ce sujet-là.
Nous, on a la facilité aussi d’avoir en l’occurrence mon beau-père qui nous sert d’adresse, etc. Donc, pour toutes les démarches administratives, heureusement qu’il est là, puisqu’il fait plein de choses. Si il était pas là on aurait sûrement eu quelqu’un d’autre de notre entourage, ma sœur probablement, qui nous aurait aidés. Mais c’est vrai que nous on se dit que on ajoute une énorme charge administrative à quelqu’un, et qu’à chaque fois qu’on fait une démarche, alors qu’on a des facilités par rapport à d’autres personnes, parce déjà on a un entourage et on connaît le système plus ou moins, et pourtant, le fait d’être nomade, ça nous bride pour pas mal de choses puisqu’il nous faut une adresse postale…
voilà et… quelqu’un qui reçoit des courriers, qui nous envoient le scan du courrier. Donc même si nous, du coup, ça nous arrangerait d’avoir tout numérique, il y a des choses qu’on peut pas avoir en tout numérique. Et du coup, il faut l’accès à internet déjà, mais nous on s’est dit justement : comment les gens font, si ils n’ont pas de gens sur qui s’appuyer ?
Clairement, ils vont aussi être exclus… »</p>

<p>« Et du coup à pôle emploi, il faut avoir un accès, (t’es obligé de revenir sur ton pôle emploi (lié à ton adresse administrative…)
 C’est un truc de dingue, en fait. »</p>

<p>« Et enfin, moi, justement, je me dis qu’en plus, y a plein de gens qui sont nomades, pas par volonté, parce que moi c’est par volonté, mais il y en a qui voilà, qui ont pas de logement. Enfin, ils sont pas forcément nomades, en tout cas ils n’ont pas forcément une adresse.
Alors si en plus ils connaissent pas les démarches qu’ils sont censés faire ou les points d’accès alors là… »</p>

<p>« C’est encore pire. » »</p>

<p>« Aussi, je pense à autre chose qui fait que ça peut rendre difficile le fait d’aller dans des espaces publics …parce que c’est la seule solution. Finalement, qui reste public,  pour pouvoir aller faire ses démarches administratives. Si le fait chez soi, on est obligé de passer par du privé en prenant des abonnements Bouygues ou machin, est donc la seule solution ça reste le public.</p>

<p>D’aller dans des structures (munies d’ordis), sauf que les gens qui vont dans des structures publiques il faut qu’ils soient déjà courageux parce que, au fond, faut oser dire: je galère, j’ai besoin de faire mes démarches administratives, parce que j’ai rien chez moi et en fait, je me dis: heureusement, j’ai une situation sociale suffisante pour le faire chez moi, parce que je n’oserais jamais, même si pourtant je travaille à la bibliothèque donc je sais que c’est plutôt safe… Mais j’aurais jamais osé y aller en mode “je suis dans la merde et j’assume ma condition sociale devant plein de gens.” »</p>

<p>« Y a plein de gens aussi qui abandonnent les démarches, pour avoir des indemnités ou autre, parce que c’est trop compliqué, en fait. »</p>

<p>« A propos du fait d’aller parler de ces problèmes dans un endroit public, moi j’ai mis en place des ateliers individuels.
Je me suis aperçue qu’effectivement tu ne peux pas aller dans un espace grand ouvert comme ça, forcément raconter ta vie.
Et puis, en individuel, tu remet l’humain.
Et avec la problématique, les problématiques qu’il/elle peut rencontrer.</p>

<p>Notamment moi, je pense à ces personnes qui sont en plein veuvage, qui ont perdu un être cher, leur époux, leur épouse ou leur enfant.</p>

<p>Ne sont plus en capacité d’aller sur internet pour faire leurs papiers, et pourtant c’est ce qu’on leur demande de faire. Parce qu’ils sont pleins moments de vulnérabilité.
Ils se souviennent plus de leur mot de passe. Comment se souvenir d’un mot de passe quand on n’est pas bien ?</p>

<p>Ils se souviennent plus de leur identifiant… “qu’est-ce qui a été rentré, je sais plus”… Forcément dans la tête de ces personnes, c’est juste (difficile ce qu’ils vivent).</p>

<p>C’est une situation qui est difficile, que ça soit un décès ou autre chose. Une situation très difficile empêche de penser et on a besoin d’un humain à côté.
Et c’est pour ça que j’en veux moi au service public de n’avoir fait que du numérique. Comme Julie, je trouve que c’est bien du service public numérique, s’il est aussi accompagné d’espaces où les gens peuvent aller. Et qui sont payés pour ça. »</p>

<p>« Il y a aussi un autre facteur. Tu parlais Julie des “conseillers numériques”. J’ai été conseiller numérique, à la formation on n’apprend pas de démarches administratives, on n’apprend plus sur les robots et tout ça… C’est plus large en fait, et donc accompagner précisément… moi je connaissais pas forcément le droit.
Après, c’était parce que je me débrouillais ou que je recherchais par moi-même.</p>

<p>Mais même ça c’est un coup de com. Tous les collègues que je connais, en fin de contrat ils sont pas renouvelés, puisque maintenant l’État ne finance plus que 25% donc, finalement, maintenant, c’est les centres sociaux, les mairies, qui doivent rajouter… et donc y a peu de gens qui sont renouvellés. »</p>

<p>« C’est le sujet du moment la “fracture numérique”
on nous demande (…) l’accès au numérique, de leur prêter, faut les accompagner (…) c’est pour aider, mais…
 »</p>

<p>« J’ai l’impression que, globalement, il y a un problème d’accès à l’information. Il y a plusieurs étapes:</p>
<ul>
  <li>déjà accéder à une information. C’est où est-ce que je peux trouver ce que je veux faire.
L’événement, ça c’est déjà un truc qui est hyper difficile de savoir dans quelle administration, dans quel endroit tu dois aller.</li>
  <li>Et, en plus de ça, c’est savoir si cette information est fiable, puisque elle l’est pas toujours, même sur des services numériques ou sur des services numériques publics, l’information qu’on a elle n’est pas toujours fiable, elle n’est pas toujours à jour.</li>
</ul>

<p>Tout à l’heure, quelqu’un parlait des préfectures et de l’accès aux préfectures, pour avoir des rendez-vous etc. Et rien qu’avoir cette information de dans quelle préfecture je peux me rendre pour avoir un rendez-vous assez vite, parce que j’ai besoin de papier assez vite… Ça, les personnes, tout le monde n’a pas accès à cette information-là déjà de base que, (…) on a pas le même service dans une préfecture.</p>

<p>(Et une fois qu’on a) cette information-là, qu’est-ce qu’il faut faire une fois que je suis à la préfecture?
Est-ce que l’information que la personne, que le service va me donner est fiable… Enfin il y a mille barrières qui font que savoir si l’information que j’ai au final, elle est vraie ou pas. Ca crée énormément de frustration de se poser toutes ces questions, ça prend énormément d’énergie ce truc d’information. »</p>

<p>« Je rebondis là-dessus sur le droit individuel à la formation… (je ne sais pas) si vous avez déjà essayé d’aller (voir).
Dans le temps, c’était simple, c’était sur notre fiche de paie, on changeait de patron, nos droits (suivaient).
Maintenant, c’est que sur internet donc faut qu’on aille les voir.
Avant c’était France connect, on pouvait s’identifier avec un autre compte et tout ça.
Maintenant c’est france connect + . Ça veut dire une identité numérique qu’il faut aller chercher à la poste,
avec sa carte (d’identité), le facteur va vérifier que c’est bien nous.
Il va nous donner un code, il va vérifier que c’est bien nous. Donc, il faut donner sa carte d’identité.
Aïe, ma carte d’identité n’est plus valable, la date est dépassée, donc je peux plus certifier, je ne peux pas la montrer comme papier (c’est le seul, y’a pas le permis de conduire qui peut passer, c’est la carte d’identité).</p>

<p>Donc, eh bien, ça veut dire qu’il faut prendre un rendez-vous maintenant, sur internet, pour avoir sa carte d’identité.
Et puis le rendez-vous on ne sait pas combien ça va prendre, six mois.</p>

<p>Donc pour pouvoir aller regarder les droits à la formation. Eh ben, il va falloir qu’on attende six mois qu’on ait notre nouvelle carte d’identité. Bon six mois juste pour avoir le rendez-vous, donc après il va falloir qu’on ait la carte, donc juste parce qu’on veut regarder
de combien on dispose de droits à la formation,
eh ben, il va nous falloir attendre peut-être un an.
Bon, ça va grossir entre temps. Mais bon, on avait envie de faire une formation là, ben c’est fini.</p>

<p>Et je trouve ça quand même aberrant.
On est complètement dans ce que tu disais, on est dépendant de tout ce numérique là qui va gérer complètement notre vie, notre vie physique.
Et là moi, effectivement, ce numérique là, il me dégoûte.</p>

<p>Il me dégoûte, sans compter, toutes les autres choses, qu’il y a, les outils qui sont cracra, les sites qui sont cracra, qui vont faire qu’on est plus un humain, on est une base de données intéressante pour faire des sondages, pour savoir  comment on pense, et notre choix politique ça va être presque… eux ils le sauront alors que nous, on est en train encore en train de douter, eux ils vont savoir que pour qui on va voter.</p>

<p>Et puis, voilà, je me dis : j’adore internet, j’adore le web et il y a quand même des choses cracra. Et ce monde là j’en veux pas. »</p>

<p>« Dans cette notion du temps, il y a un peu un paradoxe, puisque moi, le numérique ça me fait l’impression que c’est accessible immédiatement. Or, peut-être si dans ma tête, les services publics c’était encore aussi en présentiel, je me dirais c’est pas grave de prendre le temps… (mais là,) ça devrait être simple et rapide, et du coup vu que c’est pas le cas, j’abandonne. Et si ça m’arrive à moi, ça doit arriver à beaucoup de monde. »</p>

<p>« Quelque chose qu’on peut questionner c’est aussi l’origine d’un site de service public. Est-ce qu’on parle d’un site d’état ? D’un site de service public fait par le public ? Est-ce que Wikipedia c’est au service du public donc un service public ?</p>

<p>On peut apprendre de l’hacktivisme. L’hacktivisme avec h devant en fait.
Je prend l’exemple de <a href="https://www.mediamanif.org/">MédiaManif</a> qui permet de faire une carte qui nous permet de signaler des lacrymos, un danger… d’avoir une cartographie pour prévenir en fait.</p>

<p>Déjà, c’est pas un site de service public, mais je me questionne: est-ce que ça rentre dans nos discussions ? »</p>

<p>« Moi, je me questionne sur le fait qu’on parle beaucoup de comment contourner ces problèmes de non-accessibilité des sites. Mais est-ce que on est obligé de subir ces sites là, ou comment on fait pour inciter ses services publics à être plus (accessibles à tout le monde)</p>

<p>Il y a des gens qui sont derrière ces sites qui sont faits, et du coup j’imagine que la plupart, en fait, ils sont pas formés à se dire comment on fait pour que le site soit accessible.
La plupart des formations qui sont prisées par les informaticiens ça va être des formations, souvent privées, qui vont nous former à être hyper productifs, à faire des sites qui marchent pour une partie de la population qui n’a pas de problème, qui sait utiliser ces sites là. Mais du coup, en fait, c’est le seul public qui les intéresse, parce qu’en fait ils veulent juste des gens qui vont consommer. Consommer du web comme on consomme tout ce qui est vendu dans la vie.</p>

<p>Et je pense qu’il y a un truc à faire d’un point de vue de comment on forme ces gens, mais pas dans un objectif de rentabilité. »</p>

<p>« C’est pas complètement une réponse, bien sûr, mais la discussion me fait penser à la notion de service public…</p>

<p>J’ai l’impression qu’il y a des personnes qui portent des sortes de valeurs de service public, ou moi, quand j’ai commencé à bosser avec des gens dans l’administration, j’ai découvert qu’il y avait des engagements de fonctionnaires, des trucs hyper, hyper fort dans le fonctionnariat, dans l’administration… j’ai découvert ça et il y a des gens vraiment ils portent le truc quoi, c’est vraiment important pour eux, mais à quel moment c’est complètement découplé de ce qui se passe sur le terrain ? Et j’ai l’impresion qu’il y a un peu ça, c’est-à-dire que je ne crois pas que moi, j’ai connu - je ne sais pas si c’est un espèce de truc de “c’était mieux avant” mais en fait, c’était pas mieux avant - mais en tout cas, l’impression que ça donne, c’est que il y a eu une période où il y avait une espèce de volonté d’apporter un service public à tous et que les gens aient des droits et qu’ils puissent y accéder, et là on est vraiment dans la partie néolibérale du truc qui est : Ben c’est juste le prolongement de “ben si tu es précaire reste dans ta merde… et en plus, si tu coûte pas d’argent à l’état, ça nous arrange” et donc, du coup, si tu touches pas tes droits ça nous arrange, et c’est ça que je trouve vraiment horrible, c’est le prolongement de tout ça.</p>

<p>Et par exemple pour les professionnels qui font les sites, en fait, c’est comme partout. L’état en général il paye des personnes du privé pour faire les sites, parce qu’il veut pas embaucher plus de nouveaux fonctionnaires, donc il n’embauche pas d’informaticiens pour faire.</p>

<p>Les personnes elles arrivent avec la formation qu’elles ont, en général, y a pas d’enjeu sur la politique, l’accessibilité, c’est rare.
Il faudrait qu’elles se forment au fur et à mesure pour faire un (bon) produit numérique.
Ça c’est compliqué, et en plus quand tu rajoutes une couche administrative c’est l’enfer. Et là-dessus il faudrait que les gens se disent “Alors attends, parce que là le langage administratif il n’est pas accessible aux personnes précaires, donc il ne va pas falloir qu’on mouline comme ci, il va falloir qu’on mouline comme ça…”
Personne dans l’administration n’est prêt. En fait, il y a tellement de façons de foirer le produit numérique que personne n’a envie de faire le taf de dire :
“Non, mais attendez, reprenons tout à zéro. Là, ça va pas du tout être accessible. Donc, on va pas faire comme ça”</p>

<p>Et je pense que c’est peut-être pour ça qu’on arrive que par l’angle de “comment est-ce qu’on peut bidouiller au niveau local, individuel etc parce qu’au niveau
systémique s’est tellement verrouillé de partout, c’est tellement coincé dans les enjeux démocratiques et cie que du coup c’est… c’est chaud quoi. »</p>

<p>« Je voulais réagir et partager mon expérience, puisque je suis encore fonctionnaire (plus pour très longtemps) mais je suis encore fonctionnaire et du coup, moi, si je suis devenue fonctionnaire et plus particulièrement bibliothécaire, j’avais ce qu’on appelle le sens du service public, donc vraiment l’intérêt général, penser en termes de qualité, d’aller vers le progrès social, etc.
Et par contre, et ça, je pense que c’est porté par bon nombre d’agents publics qui choisissent ces métiers-là quand même pour ce truc-là…</p>

<p>Mais par contre, moi ce que j’ai remarqué dans la fonction publique, c’est qu’il y a notamment un très fort devoir d’obéissance.
Officiellement, tu ne peux pas facilement désobéir à des ordres, faut qu’en gros ils soient manifestement illégaux, et puis il y a plein d’autres conditions, etc.</p>

<p>Et du coup, moi mon expérience de bibliothécaire c’est que dès qu’on parlait un peu trop politique,  on nous disait: ah, mais non, en tant que fonctionnaire, on ne parle pas politique. Car la politique, c’est les élus qui décident, ou alors c’est dans un autre cadre, par exemple syndical.</p>

<p>Du coup, j’ai vraiment aussi cette impression-là que ça peut jouer, (car dans ce cadre on est) vraiment sur un truc hyper descendant.
(Et bien sûr qui voient pas les problèmes, mais qui ont pas le temps et qui conservent des points d’énergie pour la lutte.)
Mais je pense que ça joue… en tout cas vu de mon vécu. »</p>

<p>« En opposition, moi qui ai toujours été dans le privé…
Ce qui est intéressant, je trouve, c’est que, côté numérique, ce que je ressens beaucoup, c’est que le numérique, c’est complètement dépolitisé et donc la responsabilité des gens qui font le numérique elle est complètement absente, invisible. Parce que il y a cette espèce de truc de “oui, mais ce qu’on fait, c’est un peu neutre, ça n’a pas vraiment, enfin, c’est pas que ça a pas d’impact, mais bon voilà”, on voit vraiment jamais vraiment les utilisateurs, ça fait que y’a un éloignement total. Et donc, les gens conçoivent des trucs, font des trucs, qui sont ensuite utilisés par des vrais humains, mais ces humains ils n’ont pas de valeur parce qu’ils ont pas de substance, quoi.</p>

<p>Et donc, ensuite, de venir et de dire aux gens: “ah non, en fait, ton truc n’est pas accessible, c’est gravissime.”
“Ben gravissime… Ouais, mais tu comprends, la priorité, c’était de faire tel autre truc.”
Et là tu peux pas argumenter, tandis que la base de l’équipe d’un logiciel, par exemple d’un service numérique, serait hyper robuste en disant: mais en fait, si c’est pas accessible c’est mort, ben ce ne serait pas du tout la même teneur, parce qu’ensuite, déjà tu demandes pas le choix au chef.
Tu fais la qualité que tu estimes être la vraie qualité, et si le chef dit: “mais attendez votre truc, il est 100% accessible, vous avez dû passer beaucoup de temps dessus.”
Mais y’a pas le choix, en fait.</p>

<p>Mais on n’y est pas encore, et du coup, peut-être c’est un autre problème, c’est que, peut-être parce que le secteur est nouveau, y a pas d’ancienneté de luttes syndicales, de politisation, etc, »</p>

<p>« Pourquoi est-ce que tu penses que le numérique est dépolitisé ? »</p>

<p>« C’est l’impression que j’ai quand je travaille avec d’autres personnes… l’impression qu’il y a peu de personnes qui se rendent compte de la responsabilité qu’elles ont dans quand elles conçoivent des produits numériques. »</p>

<p>« Donc tu parles des gens qui travaillent et qui conçoivent les outils numériques ? »</p>

<p>« Oui »</p>

<p>« Moi, j’ai le sentiment complètement inverse.
L’impression que tout ce qui peut être peu politisé, des outils qui sont à la base pour partager des photos, j’t’invite à mon barbecue, aujourd’hui sont très politiques. Beaucoup de réseaux sociaux sont très politiques… Ça me paraît surprenant de dire que l’outil  serait, lui, très politique et la personne qui le conçoit ne le soit pas… »</p>

<p>« Ce que je dis, c’est que, à mon avis les personnes…psychologie de comptoir, désolée, sociologie de comptoir - qu’il y a beaucoup de personnes qui font du numérique qui ne voit pas qu’il y ait un engagement de responsabilité là-dedans… et que ça a des effets de bord importants. »</p>

<p>(…)</p>

<p>« J’ai juste envie de proposer un contre-argument. On parlait tout à l’heure des sites des préfectures qui étaient éteints sauf à certaines heures.</p>

<p>Le mec qui a rentré la règle quelque part, bon il y a un humain qui a fait ça, pour qui son travail ça a été de dire “bon ça va être shutdown sauf à partir de 3h et quart le lundi matin”. Donc, il y a un mec qui ne peut pas ne pas savoir que c’est politique.</p>

<p>Après je ne dis pas que c’est la règle générale et j’entends tout à fait ton argument. Je pense que tu as complètement raison, il y a effectivement beaucoup, beaucoup de services numériques qui n’ont pas la même portée. »</p>

<p>« Je pense qu’on rejoint peut-être la question de formations de tout à l’heure, c’est vrai qu’on est pas formé à ça, on est formé à faire un truc qui marche rapidement et comme tu parlais de rentabilité, je pense que c’est un point intéressant, aussi, l’argent qui est derrière. »</p>

<p>« Il y a un humain qui l’a fait, mais aussi un humain qui prend la décision. Donc, la responsabilité elle est …Elle est nulle part… enfin si on… J’ai un avis sur la question, évidemment, mais si on reprend la plupart des témoignages qu’on a vu, on a quand même le sentiment que la responsabilité des décisions politiques… Ils ont quand même un avis assez tranché sur la question et assez… enfin pas sur que grand monde dans la pièce ici ne soit d’accord avec leur avis. »</p>

<p>« Je vais rebondir sur le côté “Numérique politique ou pas?”
Parce que moi mon expérience des services informatiques des collectivités locales est plutôt que, sauf quelques exceptions, les services informatiques sont très peu sensibles à la question. Par exemple, à la bibliothèque où je travaillais, on était assez sensible aux questions de données personnelles donc avant le RGPD on commençait à avoir justement des termes comme “Capitalisme de surveillance”,à commencer à s’interroger à utiliser les GAFAM sur des outils où les gens mettaient leurs données personnelles.</p>

<p>Et donc on avait commencé à utiliser des outils de Framasoft, etc, par exemple, pour s’inscrire à nos événements, plutôt que GoogleForm.
Et je me souviens, on en avait discuté avec le service informatique pour essayer de pousser parce qu’il avait des trucs qu’on maîtrisait pas, qu’on ne pouvait pas changer sans l’aval du service informatique.</p>

<p>Et on m’avait rétorqué: nous n’avons pas la même échelle de valeur.</p>

<p>Vous, vous mettez l’éthique très en haut, nous on met le technique très en haut. Et vraiment, il y avait cette dynamique d’opposer les deux. En fait, et je pense que c’est aussi lié à des questions, en tout cas, moi, pour discuter avec les informaticien·nes qui m’entourent, il y a aussi une question de ce qui est enseigné dans les iut d’informatique, les écoles d’ingés, etc. On leur apprend à
utiliser quel outil …? Plutôt du côté de microsoft, peut-être un peu de l’open source, mais je n’ai pas l’impression que se soit aussi…[important].</p>

<p>Et surtout, est-ce qu’il y a des cours ou des choses comme ça autour des enjeux politiques ? Ah, il y en a qui font non. En tout cas, moi, c’est l’impression que j’ai de l’extérieur. Après, j’imagine que ça peut varier suivant les écoles. Mais en tout cas, moi, c’était vraiment l’expérience que j’avais et, à part quelques exceptions, justement, soit d’informaticiens dans les services informatiques qui portent un peu ces valeurs là, soit aussi des fois où les élus portent aussi des réflexions. Sinon c’était plutôt “Nous, nous, avant tout on veut que ça marche et on est là pour la technique.” »</p>]]></content><author><name></name></author><summary type="html"><![CDATA[Issu de Faiseuses du Web n°2 en 2023, voici la retranscription du fish bowl Numérique &amp; services publics.]]></summary></entry></feed>